Un chantier relancé, un symbole sous surveillance
Notre-Dame repart pour une nouvelle séquence de travaux. Après la réouverture en 2024, l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris annonce une série d’interventions pour parachever la restauration de la cathédrale. Objectif affiché : traiter ce que l’incendie n’a pas fait disparaître : l’usure ancienne, les encrassements, des fragilités repérées avant le sinistre. Paris regarde son monument de près, à nouveau.
« Notre objectif est désormais de parachever la restauration de la cathédrale », explique Philippe Jost, président de l’établissement public. « Compte tenu de l’état sanitaire dans lequel elle se trouvait avant l’incendie, elle nécessite un ensemble de travaux complémentaires [...] et assureront sa pérennité. »
La grande rosace en ligne de mire
Pièce maîtresse de la façade sur le parvis, la grande rosace, en grande partie médiévale, n’a plus été restaurée depuis le XIXe siècle. Elle entrera en atelier entre 2027 et 2029. L’opération doit à la fois rattraper des pathologies anciennes et réparer les dommages laissés par un épisode de grêle survenu en mai 2025. Autre front : la façade nord du transept et ses statues, signalées comme « très encrassées ». Le geste est précis, minutieux, pensé dans la durée.
Calendrier, budget, besoins
Le programme additionnel regroupe une douzaine d’opérations planifiées jusqu’en 2033. Il vient compléter l’immense chantier qui a permis la réouverture, financé par les 845 millions d’euros de la souscription nationale. Cette nouvelle étape est évaluée à 150 millions d’euros. Selon l’établissement public, 130 millions restent à réunir. Un appel aux dons est lancé.
| Poste | Période | État/Coût |
|---|---|---|
| Restauration grande rosace (façade sur parvis) | 2027–2029 | Inclut réparations après grêle 2025 |
| Façade nord du transept et statues | À programmer | Nettoyage et restauration (encrassements) |
| Ensemble des opérations complémentaires | Jusqu’en 2033 | Budget total estimé : 150 M€ (dont 130 M€ à réunir) |
Le site dédié est ouvert aux mécènes et particuliers : rebatirnotredamedeparis.fr. Le message est direct :
« Nous avons encore besoin de la générosité de mécènes et de donateurs. »
Vitraux contemporains : une création validée
En parallèle, l’État finance le remplacement de six vitraux du bas-côté sud de la nef par des œuvres contemporaines signées Claire Tabouret, réalisées par l’atelier des maîtres-verriers Simon-Marq. La justice a rejeté en mai la demande de deux associations de défense du patrimoine qui voulaient suspendre cette installation. Le cap est donc maintenu sur ce volet contemporain, intégré au parcours de lumière de la nef.
Une échéance internationale en vue
Le calendrier est aussi diplomatique : la cathédrale doit recevoir le pape Léon XIV lors de sa visite en France du 25 au 28 septembre. Le signal est fort pour Paris : ouverture effective, chantier maîtrisé, horizon clarifié. Les nouvelles opérations ne défont pas ce qui a été rebâti ; elles prolongent l’effort pour garantir la tenue du monument dans le temps long.
Ce qu’il faut retenir, côté Parisiens
- Une phase « post-réouverture » est lancée : rosace, façade nord, puis une dizaine d’autres interventions d’ici 2033.
- Le financement est à consolider : 130 M€ à rassembler sur un budget de 150 M€ pour ces compléments.
- Les vitraux contemporains de Claire Tabouret avancent, feu vert judiciaire obtenu.
Sur l’île de la Cité, l’ouvrage continue. Pas de grand fracas, mais un travail de précision pour rendre au monument son éclat et sa solidité. Paris suit, et participe : par le regard, par le don, par l’attention portée à ce cœur de pierre qui bat encore.