Des finances assainies à la veille de l'été
Dernière séance avant la pause estivale, et un signal jugé rassurant pour la collectivité: le compte administratif 2025 du Conseil départemental du Pas-de-Calais a été adopté avec des voyants au vert. Les élus ont mis en avant des recettes en hausse et une maîtrise des charges, offrant au budget 2026 une base plus solide. Le président de l'assemblée, Jean-Claude Leroy, a résumé l'esprit du moment en une phrase:
« Si nous abordons notre budget dans de meilleures conditions, c’est parce que nous avons les efforts indispensables en 2025. »
Des recettes dopées par l'immobilier
Au cœur de cette embellie, la progression des DMTO (droits de mutation à titre onéreux), reflet d'un marché immobilier resté actif. L'enveloppe atteint 190 millions d'euros, contre 146 millions en 2024 et 169 millions en 2023. Au total, les recettes de fonctionnement se situent à un peu plus de 2 milliards d'euros. Cette dynamique a contribué à restaurer des marges de manœuvre, tout en rappelant un principe connu des finances locales: la dépendance partielle aux cycles du marché nécessite vigilance et anticipation.
Solidarités: un poids majeur et assumé
Côté dépenses de fonctionnement, la trajectoire reste contenue par rapport à 2024, mais la structure demeure inchangée: les politiques de solidarité représentent la part dominante, à hauteur de 76 %. Les AIS (allocations individuelles de solidarité) ont été chiffrées à 635 millions d'euros. Dans cet ensemble, plusieurs postes ont été rappelés en séance:
| Poste | Montant annoncé |
|---|---|
| APA | 238 M€ |
| PCH | 78 M€ |
| RSA | 319 M€ |
| Enfance | 314 M€ |
Ces missions sociales concentrent l'essentiel des efforts du Département, avec des besoins qui évoluent et des coûts sensibles aux contextes démographiques et économiques.
Investissements en retrait, épargne en forte hausse
Les dépenses d'investissement s'établissent à 175 millions d'euros, soit une baisse de 16 millions par rapport à l'exercice précédent. En parallèle, la capacité d'autofinancement se renforce nettement: l'épargne brute grimpe à 148 millions d'euros (contre 63 millions en 2024), pour un taux d'épargne brute de 7,7 %. Autre indicateur scruté de près, la capacité de désendettement recule nettement, passant de 13 ans (au compte 2023) à 6 ans en 2025, sous le seuil prudentiel généralement admis de 10 ans.
Opposition vigilante, cap confirmé
Sur les bancs de l'opposition, le groupe Union pour le Pas-de-Calais, par la voix d'Alexandre Malfait, a reconnu des résultats 2025 rassurants et une stabilité financière retrouvée. Une position qui acte l'amélioration des fondamentaux tout en laissant la place à l'examen critique des choix à venir.
Ce que cela change pour 2026
Aborder l'exercice 2026 avec des réserves renforcées et une dette mieux contenue offre de l'air pour les priorités départementales: action sociale, collèges, infrastructures, accompagnement des territoires. Reste à conjuguer la pression persistante des besoins en solidarité avec la prudence nécessaire face aux recettes liées aux mutations immobilières, par nature fluctuantes.
- Un socle financier 2025 consolidé facilite l'arbitrage des dépenses 2026.
- Le poids structurel des solidarités exige un pilotage fin et durable.
- La progression des DMTO a soutenu l'équilibre, appelant une gestion prévoyante.
Dans un contexte économique mouvant, ces indicateurs donnent au Département des marges mieux dessinées pour tenir ses engagements sans renoncer à la prudence. Le débat budgétaire 2026 s'ouvrira donc avec une boussole plus stable et des attentes fortes sur les politiques du quotidien.