Un parcours d'herbe brûlée, des greens préservés
Depuis le 13 juillet 2026, la Vienne est placée en alerte sécheresse renforcée. À Poitiers, le golf de Châlons a dû transformer son entretien : seuls les greens restent verts, tandis que des hectares d'herbe sont laissés au jaune et à la chaleur.
Le domaine couvre 33 hectares au total, mais les zones arrosées représentent désormais moins de 2 % de cette surface. Ne disposant ni de forage ni de réserve d'eau pluviale, le club dépend exclusivement du réseau d'eau potable. Face aux interdictions préfectorales, l'arrosage a été réduit au strict minimum.
Organisation et contraintes pour le personnel
Pour rester dans la légalité et limiter la dépense, le club concentre l'arrosage sur les greens : ils sont traités deux fois par jour, pendant vingt minutes à chaque fois. Les fairways et les départs ne reçoivent plus d'eau. Le jardinier a dû revoir entièrement son rythme :
- premier arrosage programmé en début de nuit ;
- second arrosage à partir de 5 h 00 du matin, pour éviter l'évaporation diurne ;
- aucun arrosage autorisé en journée, conformément à l'arrêté préfectoral.
“Comme on paye notre eau, on la gère comme un bon père de famille”,
a indiqué Franck Berthelot, trésorier du golf. Cette philosophie de gestion serrée s'accompagne d'un aménagement des horaires de travail pour Maxime, le jardinier, contraint au travail décalé.
Des joueurs compréhensifs, des risques financiers
Selon les responsables, les pratiquants se montrent compréhensifs face à une pelouse manifestement marquée par la sécheresse. Mais la contrainte n'est pas seulement esthétique : le non-respect des restrictions peut entraîner des sanctions. L'arrêté rappelle que le manquement expose les structures à une amende de 1 500 euros.
Ce cas local illustre une réalité plus large : sans investissements (forage, collecte d'eaux pluviales) et avec une dépendance au réseau potable, de nombreux sites devront prioriser certaines surfaces ou réduire fortement leur activité pour respecter la réglementation pendant les épisodes de sécheresse.
À Poitiers, la saison estivale pose déjà des choix : préserver les espaces de jeu stratégiques, adapter les emplois du temps du personnel et dialoguer avec les usagers pour partager les contraintes et éviter les contreventions.