Le tribunal de Nevers prononce une relaxe faute de preuves
Le tribunal correctionnel de Nevers a rendu, mardi 21 juillet, un jugement de relaxe à l’encontre d’un homme âgé de 30 ans poursuivi pour agression sexuelle sur une fillette de 23 mois. Les magistrats ont considéré que les éléments du dossier étaient insuffisants pour établir la commission d’un tel acte.
Les faits remontent au 14 novembre 2023. Selon les déclarations rassemblées lors de l’enquête, les parents avaient confié leur enfant à une connaissance pour la soirée. En revenant, ils ont retrouvé l’homme dans le lit de la fillette et ont relevé des « rougeurs » sur le corps de l’enfant ainsi qu’un comportement jugé inhabituelle, marqué par des pleurs.
| Date | Événement |
|---|---|
| 14/11/2023 | Dépôt de l’enfant chez la connaissance; observation des signes par les parents |
| Septembre–Novembre 2023 | Dépôt de plainte quelques jours après les faits |
| 09/06/2026 | Audition du suspect puis mise en examen et placement sous contrôle judiciaire |
| 21/07/2026 | Relaxé par le tribunal correctionnel de Nevers |
Le mis en cause a toujours nié toute agression sexuelle. Il a expliqué vouloir simplement apaiser l’enfant en restant près d’elle pour la nuit. Aucune antécédent similaire ne lui était imputé.
Une affaire relancée par une mobilisation nationale
Le dossier, d’abord resté sans suite pendant près de deux ans, a été rouvert dans le sillage d’une instruction ministérielle. En juin dernier, le ministre de la Justice a demandé une accélération et un réexamen d’un grand nombre de dossiers de pédocriminalité non traités. Cette décision a conduit à une audition du trentenaire et à sa mise en examen au début du mois de juin 2026.
« les éléments pour établir l’agression »
Au terme des débats, le tribunal a retenu l’absence de preuves directes et de constatations médicales ou techniques permettant d’établir l’existence d’une agression sexuelle. La relaxe marque donc la fin de la procédure pénale à l’encontre de cet homme au stade correctionnel.
- La logique juridique : en matière pénale, la condamnation requiert l’existence d’éléments probants permettant d’écarter le doute raisonnable.
- Conséquences locales : l’affaire avait suscité une attention dans la Nièvre, en raison des questions qu’elle pose sur la protection des enfants et la réactivité des services judiciaires.
- Voie de recours : la décision de relaxe peut être susceptible d’appel si le parquet le décide, ce qui n’a pas été précisé publiquement.
Cette affaire illustre la difficulté, pour les juridictions, de trancher lorsque des témoignages et des constats cliniques ne permettent pas d’établir clairement la matérialité d’infractions graves. Elle relance également le débat sur les modalités d’instruction et les délais de traitement des dossiers touchant les mineurs.
La vie locale reste marquée par la sensibilité de ces questions, et les services de protection de l’enfance, comme les autorités judiciaires, conservent un rôle central pour garantir à la fois la sécurité des plus jeunes et le respect des droits des personnes mises en cause.