Une heure chaque mois au service du lien social
À Sauvigny-les-Bois, village du sud de la Nièvre, une salle des fêtes pleine a servi de cadre, mardi 20 octobre, au lancement d'une initiative destinée à remettre du lien entre habitants et collectivités : L'heure civique. Porté par Atanase Périfan, créateur de la Fête des voisins, le dispositif propose aux citoyens d'offrir une heure par mois pour aider la commune ou ses voisins — entretien d'espaces publics, accompagnement pour les courses, aide aux devoirs, ou participation à l'organisation d'événements locaux.
La formule séduit autant par sa simplicité que par son ambition : redonner du sens aux engagements modestes, tout en renforçant les services publics locaux souvent à court de moyens. À Sauvigny-les-Bois, l'idée s'est implantée après la campagne municipale de mars 2026, quand des habitants se sont manifestés pour donner un peu de temps à la communauté. Le maire, Sébastien Vergnaud, a choisi d'adhérer au dispositif et d'en faire la première expérimentation nivernaise.
Un accompagnement organisé, pas seulement du bénévolat isolé
Le dispositif fournit aux communes un cadre opérationnel : mise en relation des bénévoles par la mairie, outils d'organisation et visibilité locale. Des éléments pratiques, comme des chasubles bleues pour identifier les personnes engagées, sont prévus. À la différence des plateformes numériques impersonnelles, L'heure civique mise sur la coordination locale : « C'est la mairie qui met les gens en relation. Pas une plateforme internet de plus », insiste Atanase Périfan.
« Si on ne répare pas la relation entre les gens, on ne fait pas notre travail. »
Cette phrase, prononcée par Fabien Bazin, président du conseil départemental et partenaire de la démarche, résume l'enjeu. Pour les promoteurs, le dispositif vise à activer « des gisements de solidarité » présents dans les communes rurales et périurbaines, souvent méconnus ou mal organisés.
Des usages concrets et adaptés au terrain
Les interventions attendues sont volontaires et variées. Parmi les exemples cités lors de la réunion : nettoyage du cimetière, transport de personnes isolées, coups de main pour une fête communale, accompagnement scolaire ou courses pour des personnes âgées. Le principe est volontaire et ponctuel : il s'agit d'un renfort, ponctuel mais régulier, aux actions publiques et associatives existantes.
- Durée : 1 heure par mois
- Première commune nivernaise : Sauvigny-les-Bois (adhésion décidée après les municipales de mars 2026)
- Acteurs impliqués : mairie, conseil départemental, initiateur national Atanase Périfan
Ce que cela change pour les habitants
Pour la commune, l'atout principal est de structurer et de valoriser des gestes déjà présents mais dispersés. Pour les habitants, il s'agit d'une proposition accessible : pas d'engagement lourd, une reconnaissance locale et un repérage simple des volontaires en action. Le dispositif rejoint d'autres expériences locales comme les épiceries participatives ou les cafés associatifs, qui ont déjà tissé des solidarités de proximité dans la Nièvre.
Comment participer et perspectives
La mairie de Sauvigny-les-Bois centralise les inscriptions et propose un calendrier des actions. Le format restant volontaire, l'objectif est d'atteindre une dynamique collective sans formalités lourdes. Si l'expérience convainc, le conseil départemental, impliqué dans la démarche, espère promouvoir L'heure civique dans d'autres communes du département.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Fréquence | 1 heure par mois |
| Initiateur | Atanase Périfan |
| Commune pilote dans la Nièvre | Sauvigny-les-Bois |
À l'heure où les territoires ruraux cherchent des réponses concrètes pour maintenir des services et recréer du lien, cette petite heure mensuelle apparaît comme une solution pragmatique. Reste à savoir si l'enthousiasme de la réunion se traduira en gestes réguliers sur le terrain et si d'autres communes nivernaises emboîteront le pas.