Des analyses de 2025 confirment une contamination aux PFAS sur un site de baignade très fréquenté
Les étangs d'Apigné, à proximité de Rennes, figurent dans un rapport national comme l'un des sites de baignade où la présence de polluants dits « éternels » est la plus importante. L'information, issue d'une étude menée par l'association Surfrider et basée sur des prélèvements effectués en juin et juillet 2025, repose sur 107 échantillons analysés par le laboratoire Eurofins.
Parmi les substances recherchées figurent les PFAS (per- et polyfluoroalkylés), classes de molécules persistantes et préoccupantes pour la santé. Sur le site d'Apigné, le laboratoire a mesuré la présence de plusieurs d'entre elles : 17 substances différentes ont été détectées sur les prélèvements réalisés.
« L'échantillon de Rennes est à un taux neuf fois supérieur » à la norme européenne pour le PFOS, indique le rapport.
Pour le PFOS (perfluoroctane sulfonate) en particulier, le taux relevé à Apigné est de 5,9 ng/l. À titre de comparaison, la directive-cadre européenne fixe une valeur de référence à 0,65 ng/l. D'après l'étude, ce résultat place les étangs d'Apigné au rang du cinquième site le plus pollué de France pour ce critère.
Conséquences locales : baignade autorisée mais surveillance ciblée
Malgré ces résultats, la baignade aux étangs d'Apigné n'est pas interdite. La collectivité qui suit la qualité de l'eau le fait principalement sur des indicateurs bactériologiques et la présence de cyanobactéries. Sur ces critères, la qualité de l'eau a été jugée bonne à excellente. Le rapport de Surfrider met en lumière une limite de ces protocoles : ils ne prennent pas systématiquement en compte les substances chimiques persistantes telles que les PFAS.
Dans le département, un autre plan d'eau est épinglé : le plan d'eau des Paturiaux à Vern-sur-Seiche, où 13 substances différentes ont été détectées et où le taux de PFOS atteint 2,9 ng/l.
Que retenir pour les Rennais ?
- Les étangs d'Apigné sont un lieu répandu de loisirs aquatiques, mais ils présentent des traces de PFAS supérieures aux repères européens pour le PFOS.
- La surveillance actuelle privilégie la qualité bactériologique ; les polluants chimiques persistants ne sont pas toujours inclus dans les analyses de routine.
- La baignade n'est pas interdite : aucune mesure de fermeture n'a été prise à la suite de ces analyses.
Le signalement par Surfrider relance le débat sur l'étendue des contrôles et la protection des usagers. Il pose aussi la question des origines de ces polluants dans des zones intérieures : usage industriel, rejets diffus ou autres sources restent à identifier par les autorités compétentes si elles souhaitent approfondir l'enquête.
| Site | PFOS (ng/l) | Nombre de PFAS détectés |
|---|---|---|
| Étangs d'Apigné (Rennes) | 5,9 | 17 |
| Plan d'eau des Paturiaux (Vern-sur-Seiche) | 2,9 | 13 |
| Référence européenne | 0,65 | - |
Les autorités locales et sanitaires disposent désormais d'éléments précis fournis par l'étude. Les Rennais fréquentant les étangs s'interrogent légitimement sur les risques à long terme et sur l'évolution des protocoles de surveillance. La suite dépendra des décisions des services de l'État et de la métropole concernant d'éventuelles analyses complémentaires et la communication aux usagers.