Un aménagement efficace, jugé incompatible avec l’intervention policière
Les riverains du Cour de Bilbao, dans le quartier du Blosne à Rennes, ont appris avec surprise et frustration la décision de la municipalité de retirer les dispositifs posés il y a un an pour réduire la circulation. Ces « filtres » en ciment, conçus pour empêcher le passage des véhicules particuliers tout en autorisant les engins de service, avaient significativement abaissé la vitesse et apaisé la voie.
Sur place, l’effet des aménagements était tangible : trottoirs plus sûrs, baisse du trafic de transit et sentiment de tranquillité retrouvé par les habitants. Le dispositif laissait toutefois le passage aux véhicules de plus grande gabarit — pompiers, camions-poubelles et engins des espaces verts — ce qui avait été un argument clé lors de l’installation.
Mais la Ville a décidé de les enlever, expliquant qu’ils retardaient l’intervention des forces de l’ordre dans un secteur où se trouve un point de deal situé à 300 mètres. Les techniciens municipaux ont justifié la mesure par la nécessité pour la police d’accéder rapidement et simultanément par tous les accès possibles.
« Plusieurs d’entre nous ont eu des frayeurs en sortant de leurs domiciles »,
rappelle Goulven Boulliou, l’un des riverains, citant l’inquiétude qui a motivé la demande initiale d’apaisement de la circulation. L’annonce du retrait des filtres a provoqué la mobilisation d’environ soixante habitants, qui se sont réunis lundi 6 juillet pour contester la décision.
La tension entre impératifs de sécurité publique et dispositifs de tranquillité urbaine est au cœur du dossier. D’un côté, des habitants demandent des aménagements pérennes pour protéger les piétons et les enfants qui fréquentent la voie ; de l’autre, la préoccupation des services de police et de secours pour la rapidité d’accès aux lieux critiques a prévalu.
- Historique : filtres installés il y a un an pour réduire la circulation et protéger les piétons.
- Raison du retrait : faciliter les interventions policières liées à un point de deal à 300 m.
- Réaction : mobilisation d’environ 60 riverains le 6 juillet.
Interrogée, la municipalité n’a pour l’instant communiqué que par l’intermédiaire de ses techniciens en expliquant la contrainte opérationnelle. Les riverains attendent désormais des propositions alternatives : barrières amovibles, systèmes de chicane non permanents, ou autres solutions techniques compatibles avec les délais d’intervention des secours et de la police.
| Acteurs | Position |
|---|---|
| Habitants du Cour de Bilbao | Souhaitent le maintien d’un aménagement apaisant la circulation |
| Ville de Rennes / techniciens | Retrait pour faciliter l’accès des forces de l’ordre |
| Forces de l’ordre | Besoin d’accès rapide et simultané par tous les axes (motif : point de deal) |
Ce dossier pose la question des compromis urbains entre sécurité quotidienne et efficacité des interventions. Les riverains, déçus, attendent que la mairie propose une alternative technique — qui n’a pas encore été présentée publiquement — afin de concilier protection des piétons et contraintes opérationnelles des services de l’État.