La cour d’assises du Loir-et-Cher a poursuivi mardi matin, à Blois, l’examen de l’affaire Inass Touloub. La fillette, âgée de quatre ans, avait été retrouvée morte en 1987 en bordure de l’autoroute A10. Près de quatre décennies plus tard, ses parents comparaissent devant la justice départementale : la mère est poursuivie pour des faits de torture et d’actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner, tandis que le père est jugé pour complicité.
Les premières constatations au cœur de l’audience
La journée est consacrée aux déclarations des enquêteurs et des spécialistes intervenus dans le dossier. Le premier témoin appelé à la barre est l’homme qui avait découvert le corps. À l’époque, il travaillait durant l’été pour Cofiroute afin de financer ses études. Il intervenait avec un collègue pour faucher les abords de l’autoroute lorsqu’une couverture, formant une masse inhabituelle, a attiré son attention.
En s’approchant, il a compris qu’il ne s’agissait pas d’un simple objet abandonné. Il a alors alerté son collègue :
« Viens vite, il y a un souci »
Devant la cour, cet homme, devenu enseignant à Romorantin, a décrit une scène dont le souvenir reste présent. Il a évoqué le visage marqué de la fillette et des blessures visibles. Selon son témoignage, le corps avait été placé à l’endroit où il l’avait trouvé, et non projeté depuis la chaussée : dans ce dernier cas, il aurait, d’après lui, glissé plus bas, en contresens.
Une identification intervenue des années plus tard
Le corps retrouvé au bord de l’A10 n’a été identifié qu’après un délai proche de trente ans. Cette longue période a contribué à inscrire le dossier dans la mémoire judiciaire et locale. L’audience qui se tient aujourd’hui à Blois revient ainsi sur les conditions de la découverte, mais aussi sur le travail accompli au fil des années pour établir l’identité de l’enfant et reconstituer les circonstances de sa mort.
Un ancien membre de la section de recherche d’Orléans a ensuite été entendu. Il figurait parmi les premiers intervenants sur les lieux. Son témoignage doit permettre à la cour de confronter les souvenirs des témoins directs aux éléments consignés dans les procédures et aux conclusions des investigations menées à l’époque.
Le calendrier des prochaines audiences
Les rapports d’expertise légale doivent être présentés mercredi. L’interrogatoire des parents est, lui, annoncé pour jeudi, sous réserve d’une modification du programme fixé par la cour. Ces étapes doivent notamment permettre d’aborder les éléments médicaux et judiciaires du dossier avant l’examen approfondi de la situation des deux accusés.
- Mardi : auditions des enquêteurs et des experts intervenus dans l’affaire ;
- Mercredi : présentation prévue des rapports d’expertise légale ;
- Jeudi : premier interrogatoire annoncé des parents, si le calendrier est maintenu.
Au deuxième jour du procès, les débats restent centrés sur les faits et sur les traces laissées par les premières constatations. À Blois, la cour doit désormais examiner successivement les éléments techniques, les témoignages et les déclarations des accusés, dans une affaire dont le point de départ remonte à l’été 1987 sur l’autoroute A10.