Fin de partie pour les dérogations hors commune
À Saint-Hilliers, au sud de la Seine-et-Marne, non loin de Provins, un courrier envoyé fin mai a changé le ton de la rentrée à venir. La maire, Catherine Gallois, a informé les familles ayant obtenu une scolarisation hors commune que le régime de faveur s’arrête net. Le village met fin, dès septembre 2026, aux dérogations permettant d’inscrire les enfants dans d’autres écoles.
« plus aucune dérogation ne sera accordée »
Le message, adressé aux foyers concernés, s’inscrit dans une stratégie de sauvegarde des effectifs du regroupement pédagogique intercommunal (RPI). L’école élémentaire, qui accueille les niveaux du CE1 au CM2, fonctionne avec une centaine d’élèves répartis entre Saint-Hilliers et cinq autres communes du secteur.
Un RPI rural à l’équilibre fragile
Le RPI associe de petites communes aux paysages ouverts de la Brie, où chaque inscription compte pour maintenir les classes et limiter les trajets des familles. Sont concernés :
- Voulton
- Augers-en-Brie
- Rupéreux
- Courchamp
- Les Marêts
Selon la mairie, les sorties d’élèves vers d’autres communes pèsent doublement : elles affaiblissent le socle d’effectifs et génèrent des frais d’écolage facturés au barème départemental. Pour l’année écoulée, 12 dérogations hors RPI ont coûté près de 12 000 €, environ 1 000 € par élève et par an.
Budget contraint, chantier majeur
Au-delà des économies recherchées, la commune met en avant un projet structurant. Un programme de modernisation de l’école, au-delà du million d’euros, est engagé. Il prévoit la création d’une nouvelle cantine dimensionnée pour l’ensemble du RPI et l’ouverture d’une classe de CP, aujourd’hui absente du dispositif local. Pour justifier cette montée en puissance, il faut des élèves inscrits sur place, sans fuite d’effectifs.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Élèves du RPI (CE1-CM2) | ~100 |
| Dérogations hors RPI (année écoulée) | 12 |
| Coût annuel des dérogations | ~12 000 € |
| Investissement école | > 1 000 000 € |
Des familles partagées, un cap municipal assumé
La décision crispe une partie des parents, attachés à des solutions parfois construites pour des raisons de trajets, de fratries ou de projets pédagogiques spécifiques. La mairie, elle, met en avant le cadre financier des petites communes et la baisse des dotations. En toile de fond, l’enjeu est de taille : éviter la fermeture d’une classe et crédibiliser l’ouverture d’un CP au sein du RPI.
Ce qui change concrètement à la rentrée 2026
- Les demandes de dérogation vers des écoles hors Saint-Hilliers et hors RPI ne seront plus accordées.
- Les enfants concernés sont appelés à réintégrer les écoles du RPI afin de consolider les effectifs.
- La restauration scolaire doit évoluer avec la nouvelle cantine prévue par le chantier.
Dans la plaine briarde, chaque kilomètre compte, et chaque élève aussi. À l’heure où les communes rurales composent avec des budgets resserrés et des classes sous tension, Saint-Hilliers choisit une ligne claire : regrouper, investir et défendre son maillage scolaire de proximité.