Un projet attendu qui patine encore
La modernisation de l’axe reliant Saint-Lô à Coutances connaît un nouveau contretemps. Réuni en séance plénière à Saint-Lô ce vendredi 3 juillet 2026, le Conseil départemental de la Manche a acté un retard d’au moins six mois supplémentaires. En cause : des autorisations environnementales qui tardent, et des études à reprendre, point par point, à la demande de l’État.
Le dossier, envisagé de longue date, prévoit l’élargissement de la voie et la création de créneaux de dépassement, conformément au vote intervenu en juin 2023. Sur le terrain, les attentes sont fortes : l’axe concentre les trajets domicile-travail et les échanges entre le centre de la Manche et le Coutançais. Chaque report prolonge des temps de parcours irréguliers et une accidentologie que les aménagements promis visent à réduire.
Autorisation environnementale : la DREAL réclame des études au cas par cas
Le Département avait transmis une étude environnementale globale à la DREAL pour obtenir l’autorisation de démolir 38 maisons situées sur le tracé. L’administration a demandé qu’elle soit refaite, non plus de façon groupée, mais maison par maison. À la clé, un nouveau séquençage qui allonge le calendrier et renchérit les frais d’instruction.
« Nous n’allons pas vers une simplification ni vers un lancement rapide des travaux… À chaque demande, nous perdons six mois, un an… Les usagers n’en peuvent plus ! »
Le président du Conseil départemental, Jean Morin, pointe aussi un enjeu financier : 28 808 € par étude, selon la collectivité. Une somme appelée à se répéter si l’exigence d’examens individuels se confirme sur l’ensemble des bâtis concernés.
Maisons vides et faune protégée
Sur la zone, des habitations sont inoccupées depuis 20 à 25 ans. Des espèces se sont installées dans ces bâtiments et aux abords : le Département mentionne notamment des chiroptères (chauves-souris), susceptibles d’occuper des sites voisins comme d’anciens fours à chaux ou carrières. La protection de ces espèces impose des mesures d’évitement, de réduction, puis, si nécessaire, de compensation, avec des protocoles cadrés par l’État.
Au-delà du dossier environnemental, l’opposition départementale interroge l’orientation générale : faut-il encore multiplier les projets routiers aujourd’hui, ou prioriser d’autres formes de mobilité ? Le débat reste ouvert, signe d’un projet devenu, au fil des années, un marqueur des choix d’aménagement du territoire.
Des conséquences concrètes pour les usagers
Pour les habitants de Saint-Lô et des communes riveraines, ce décalage signifie : des travaux qui ne démarreront pas à brève échéance, un trafic qui demeure dense aux heures de pointe, et des dépassements compliqués sur des sections déjà saturées. Les entreprises de transport, les services de santé et les filières agricoles qui empruntent quotidiennement la liaison en mesurent aussi l’impact, entre aléas de temps de parcours et coûts indirects.
- Calendrier repoussé d’au moins six mois, selon le Département.
- Reprise des études au format maison par maison exigée par la DREAL.
- Coût unitaire annoncé : 28 808 € par étude.
Ce que l’on sait à ce stade
| Étape | Date / Donnée |
|---|---|
| Vote de principe (élargissement, créneaux) | Juin 2023 |
| Séance plénière à Saint-Lô | 3 juillet 2026 |
| Maisons sur le tracé | 38 |
| Coût par étude | 28 808 € |
| Retard annoncé | ≥ 6 mois |
La suite dépendra des réponses de l’État aux nouvelles pièces techniques et de la capacité de la collectivité à produire, pour chaque bâtiment, les éléments requis. D’ici là, les usagers devront composer avec un axe qui reste en l’état, malgré l’urgence ressentie sur le terrain.
Et maintenant ?
Le Conseil départemental dit maintenir le cap fixé en 2023. Entre exigences réglementaires et attentes du quotidien, l’équation est délicate. Les prochains mois seront occupés par la révision des études et les échanges avec la DREAL. Le calendrier de mise en chantier n’est, à ce jour, pas révisé publiquement ; il dépendra des autorisations à obtenir.