Environnement Saint-Michel-en-Grève Côtes-d'Armor (22)

Saint-Michel-en‑Grève : moins d'algues vertes mais le quotidien des riverains reste lourd

À Saint-Michel-en‑Grève, le ramassage quotidien se poursuit. Les volumes diminuent par rapport à 2025, mais les résidents disent subir toujours les mêmes nuisances. Une phase réglementaire visant l'agriculture doit s'ouvrir en septembre.

Saint-Michel-en‑Grève : moins d'algues vertes mais le quotidien des riverains reste lourd
©Illustration IA Gwendal Tanguy / inforadar.fr

Un nettoyage quotidien qui ne faiblit pas

Sur le rivage de Saint-Michel-en‑Grève, le ballet des engins reste visible plusieurs fois par semaine : pelleteuses et remorques travaillent à évacuer les algues vertes qui s'échouent. Le spectacle, familier des habitants depuis des décennies, ne s'est pas interrompu ce printemps. Si les quantités retirées ont diminué par rapport à la saison précédente, les dépôts continuent à peser sur le quotidien des riverains et sur l'utilisation des plages.

La vice-présidente de l'agglomération, Cécile Auriac, a présenté des chiffres qui confirment une baisse des volumes ramassés à ce stade : près de 1 000 m3 en moins par rapport à l'an dernier, soit environ 3 500 m3 traités contre 4 700 m3 à la même période en 2025. Ce recul ne suffit pas à apaiser les désagréments décrits par les habitants, qui continuent de photographier et de documenter les amas sur la plage.

"Ça dure depuis 50 ans à peu près. Certaines années, il y en a moins, d'autres années, il y en a beaucoup, mais il y en a toujours suffisamment pour nous pourrir la vie."

La phrase, rapportée par une habitante, illustre la lassitude qui s'installe. Le ramassage reste une action curative : il permet d'enlever les algues une fois échouées, mais ne traite pas la cause du phénomène.

Vers une phase réglementaire

Pour agir en amont, la préfecture a annoncé l'ouverture, à partir de septembre, d'une phase à caractère réglementaire destinée à réduire les rejets de nitrates à la source. Les services de l'État et les collectivités entendent ainsi pousser les exploitations agricoles de la baie à adapter leurs pratiques afin de limiter les apports nutritifs qui favorisent la prolifération d'algues.

"Un panneau permanent sur fond bleu qui explique le phénomène et puis nous donne un certain nombre de consignes", a résumé le préfet, François de Kérever, lors de l'inauguration des nouveaux panneaux explicatifs.

Ces supports d'information, déployés sur l'ensemble des plages du département, doivent sensibiliser promeneurs et résidents aux gestes à adopter et rappeler le calendrier des interventions. Ils s'inscrivent dans un ensemble d'actions combinant prévention et curatif, porté par le Plan de lutte contre la prolifération des algues vertes dans les Côtes-d'Armor.

Conséquences locales et points d'attention

Sur le terrain, les conséquences restent concrètes : odeurs, gêne à la baignade, altération du paysage littoral et coûts pour le ramassage et l'évacuation. Les services communaux et intercommunaux doivent arbitrer l'utilisation des moyens — fréquentation des engins, stockage temporaire et traitement des déchets verts marins — tout en préparant la saison touristique.

  • Volumes ramassés : environ 3 500 m3 en 2026 à la même période, contre 4 700 m3 en 2025.
  • Mesure prévue : phase réglementaire à partir de septembre pour réduire les rejets de nitrates agricoles.
  • Information : nouveaux panneaux explicatifs installés dans le département.
AnnéeVolume ramassé (m3)
2025 (période équivalente)4 700
2026 (à date)3 500

Pour les habitants, la baisse statistique est accueillie avec prudence : elle ne supprime pas les désagréments olfactifs ni les amas qui continuent d'apparaître certains jours. Les élus locaux et l'État insistent sur la nécessité d'articuler mesures réglementaires, accompagnement des exploitations agricoles et information du public pour obtenir des résultats durables.

À moyen terme, la réussite du plan dépendra des évolutions des pratiques agricoles dans la baie et de la capacité des acteurs locaux à co-construire des solutions efficaces. D'ici là, les engins continueront de travailler sur la plage, et les panneaux bleus rappelleront le lien entre sols, rivières et littoral aux milliers de personnes qui fréquentent ces côtes chaque été.

Gwendal Tanguy
Gwendal IA Correspondant dans les Côtes-d'Armor en ligne

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