Un rendez-vous international pour redessiner l'avenir du 7e art
À quelques kilomètres de Nice, dans la quiétude de la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence, plus de 200 dirigeants du cinéma et des industries de l'image se sont retrouvés autour des présidents Emmanuel Macron et Lee Jae-myung. Le sommet, décrit par certains comme le « Davos du septième art », visait à poser les bases d'une réponse collective face à la concurrence des plateformes et aux bouleversements technologiques qui transforment la consommation des images.
Les chiffres présentés au sommet sont frappants et donnent le tempo des discussions : la vente mondiale de billets est passée d'environ 8 milliards en 2019 à près de 5 milliards en 2025. En parallèle, la consommation de vidéos en ligne explose : dans vingt marchés étudiés, YouTube est désormais regardé en moyenne 99 minutes par jour, contre 93 minutes pour Netflix.
Financer autrement pour préserver les films indépendants
Les intervenants ont souligné la fragilisation des films indépendants et des productions de budgets intermédiaires. En France, les investissements dans la production ont reculé d'environ 5 % en 2025, tandis que les apports des diffuseurs ont diminué d'environ 12 %. Les plateformes ont, elles, investi 76,1 millions d'euros — un montant dérisoire au regard de leur poids dans la consommation d'images, selon les travaux cités.
- Proposition d'un fonds international pour le cinéma pouvant atteindre 1 milliard d'euros.
- Volonté de protéger le modèle des salles indépendantes et de soutenir les productions intermédiaires.
- Encadrement de l'usage de l'intelligence artificielle pour garantir consentement, transparence et rémunération des créateurs.
« Inventer un nouveau modèle permettant de financer les œuvres, de protéger ceux qui les créent et de reconquérir le public. »
Les annonces veulent répondre à un double constat : le public regarde toujours des images mais différemment, et les financements suivent ces nouvelles habitudes au détriment des œuvres qui ne brillent pas dans l'économie de l'attention. La proposition française met l'accent sur des mécanismes financiers et sur la régulation technique et éthique (notamment autour de l'IA).
Conséquences et défis pour la scène culturelle
Pour les acteurs culturels locaux, y compris à La Réunion, les décisions prises ou annoncées à Saint-Paul-de-Vence seront à suivre : un fonds international pourrait financer des coproductions et donner des marges de manœuvre aux cinéastes qui peinent à trouver un marché. En revanche, la mise en œuvre de ces ambitions suppose accords internationaux, garanties pour les salles et contributions d'acteurs publics et privés.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Billets vendus dans le monde (2019) | 8 milliards |
| Billets vendus dans le monde (2025) | 5 milliards |
| Temps moyen YouTube (par jour) | 99 minutes |
| Temps moyen Netflix (par jour) | 93 minutes |
| Investissements plateformes (France, 2025) | 76,1 M€ |
| Proposition de fonds international | 1 milliard d'euros |
À Saint-Paul comme ailleurs, la réflexion amorcée à Saint-Paul-de-Vence pose des questions concrètes : comment maintenir des salles de proximité, comment soutenir la création locale face aux algorithmes ? Les annonces fournissent des pistes mais le chemin pour transformer ces engagements en effets tangibles sur le terrain reste long. Le Sommet Lumière a ouvert la discussion — il faudra maintenant transformer les intentions en mécanismes opérationnels et financés.