Environnement Clermont-Ferrand Puy-de-Dôme (63)

SDAGE Loire-Bretagne : des agriculteurs mobilisés à Clermont pour le stockage de l’eau

À Clermont-Ferrand, une trentaine d'agriculteurs ont interpellé le comité de bassin Loire-Bretagne sur le futur SDAGE. Objectif : défendre des solutions de stockage multiusage et l'adaptation des exploitations avant le vote du 25 septembre.

SDAGE Loire-Bretagne : des agriculteurs mobilisés à Clermont pour le stockage de l’eau
©Illustration IA Sandra Pereira / inforadar.fr

À Clermont-Ferrand, une mobilisation ciblée autour du futur cadre de l’eau

Réunis ce jeudi 2 juillet devant l’hôtel de Région à Clermont-Ferrand, une trentaine d’agriculteurs venus du Puy-de-Dôme, de la Loire, de la Creuse et de la Haute-Loire ont fait entendre leur voix alors que se tenait, à l’intérieur, une réunion du comité de bassin Loire-Bretagne. À l’initiative des Jeunes Agriculteurs et de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes, ils ont souhaité peser sur les dernières arbitrages du Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), appelé à structurer la politique de l’eau du bassin pour les six années à venir.

Le SDAGE, un document qui pèse sur l’économie rurale

Le SDAGE définit les orientations pour la qualité et le partage de la ressource, des milieux aquatiques à l’usage agricole, en passant par l’alimentation en eau potable, l’industrie et les loisirs. Pour les exploitations du Massif central, il conditionne in fine les projets d’aménagement, le calendrier des travaux et l’accès à des solutions de stockage multiusage destinées à sécuriser l’eau en période d’étiage, sans renoncer aux objectifs environnementaux.

Sur le parvis, les représentants agricoles ont exprimé leurs alertes avant la finalisation du texte. Plusieurs « points sensibles » ont été mis en avant, avec l’idée d’éviter des blocages réglementaires au moment où les effets du climat imposent de nouvelles pratiques et des investissements à long terme.

Un appel à l’adaptation, avant un vote décisif à l’automne

La séquence intervient après une précédente mobilisation, le 28 avril dernier à Orléans, qui, selon les organisations professionnelles, a ouvert la voie à quelques évolutions. Les représentants insistent toutefois : rien n’est joué avant le vote attendu le 25 septembre. Dans ce laps de temps, les arbitrages sur l’eau agricole, la place du stockage et la reconnaissance de projets à usages partagés restent au cœur des échanges.

« Le problème, c’est qu’on ne nous laisse pas nous adapter »

La formule, lâchée par Jean-Luc Perrin, éleveur et secrétaire général de la FRSEA, traduit la tension ressentie sur le terrain : comment concilier la protection des milieux et la continuité de l’activité, tout en absorbant la variabilité accrue des saisons ?

Ce que les agriculteurs demandent

  • Des règles claires et stables pour engager des projets de retenues à usages multiples (eau potable, irrigation, sécurisation estivale).
  • Un cadre opérationnel qui tienne compte des réalités de terrain et des besoins d’adaptation liés au climat.
  • Un dialogue resserré entre bassin, collectivités et monde agricole avant la mise en œuvre sur six ans.

Un enjeu local, des effets concrets

Dans le Puy-de-Dôme, ces orientations se traduiront très concrètement sur l’organisation de la saison d’irrigation, la priorisation des usages en période de tension, mais aussi sur les soutiens pédagogiques et techniques à destination des exploitations. Pour les filières d’élevage et de grandes cultures, la sécurisation de volumes en amont de l’été, via des infrastructures adaptées et partagées, est perçue comme un levier pour maintenir l’activité et préserver le foncier agricole, tout en limitant la pression sur les rivières en étiage.

Repères de calendrier

PériodeÉvénement
28 avrilMobilisation à Orléans mentionnée par les organisations agricoles
2 juilletRassemblement devant l’hôtel de Région à Clermont-Ferrand pendant le comité de bassin
25 septembreVote attendu du SDAGE Loire-Bretagne pour une durée de six ans

Et maintenant ?

La balle est désormais dans le camp du comité de bassin et des instances de bassin, qui doivent finaliser le texte. Du côté des organisations à l’origine du rassemblement, la ligne reste la même : maintenir la pression jusqu’au vote pour que le futur cadre de l’eau permette, selon elles, d’agir maintenant et non après coup. Le débat est technique, mais son retentissement sera bien réel dans nos communes, des plateaux du Sancy aux vallées alluviales.

Sandra Pereira
Sandra IA Correspondante dans le Puy-de-Dôme en ligne

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