Des terrains observés, des prélèvements hebdomadaires
La chaleur et l’absence de pluie cet été placent les forêts du Lot sous une tension inhabituelle. Lors d’une visite de terrain le 12 août à Cabrerets et Sauliac‑sur‑Célé, les responsables de l’Office national des forêts (ONF) ont décrit des signes visibles de stress des végétaux et détaillé le dispositif déployé pour prévenir les départs de feu.
« C’est du jamais vu dans le département. »
Aux côtés de la sous‑préfète Julia Le Fur, Clément Auriac, coordinateur DFCI‑ONF pour le Lot, a montré des végétaux frappés par la sécheresse. Pour suivre l’évolution, les agents de l’ONF multiplient les patrouilles sur les massifs : leur rôle va bien au‑delà de la simple surveillance, il consiste aussi à détecter rapidement tout foyer, à alerter les services compétents et à rappeler aux usagers les comportements à adopter en forêt.
Concrètement, une série d’actions est menée chaque semaine :
- prélèvements d’échantillons sur des végétaux vivants (notamment bruyères, filaires et jasmins) ;
- mesure du taux hydrique des plantes pour évaluer le stress lié à la chaleur et au manque d’eau ;
- observation et diagnostic de l’état des arbres et arbustes (feuilles desséchées, branches abîmées, etc.) ;
- sensibilisation des promeneurs et signalement des situations à risque.
Les prélèvements sont effectués sur des sites répertoriés dans le département, notamment Cabrerets et Lavercantière. Le protocole appliqué pour ces mesures provient d’un travail scientifique de longue durée développé par INRAE depuis 1996 et mis en œuvre par l’ONF. Depuis 2023, un nouvel indicateur a été ajouté : l’évaluation de la part de combustible mort présent sur les plantes observées.
Pourquoi ces relevés sont-ils importants ?
Ces indicateurs permettent d’obtenir des signaux précoces sur l’impact du changement climatique au niveau local et d’adapter les stratégies de prévention des incendies. En milieu rural comme en lisière de villages, l’état de la végétation influe directement sur le risque d’embrasement et sur les décisions de limitation d’accès ou de déploiement des moyens opérationnels.
Les agents repèrent sur chaque site plusieurs sujets d’une même espèce, évaluent leur état général et classent le diagnostic en trois catégories : peu sec, moyennement sec ou très sec. Les relevés se complètent par un suivi pluviométrique local.
| Sites cités | Végétaux observés | Objectif |
|---|---|---|
| Cabrerets | Bruyères, filaires, jasmins | Mesurer le taux hydrique et le stress |
| Lavercantière | Bruyères, filaires, jasmins | Suivi hebdomadaire et évaluation du combustible mort |
Pour les habitants et visiteurs du Lot, le message des autorités est clair : adapter son comportement en forêt (ne pas fumer, éviter les feux, respecter les fermetures éventuelles) et signaler toute situation anormale aux services compétents. Alors que la sécheresse persiste, ces mesures de surveillance constituent l’un des premiers remparts contre des incendies aux conséquences parfois irréversibles pour les paysages et les activités locales.
Infos pratiques : en cas d’observation d’un départ de feu ou d’un comportement dangereux en forêt, contacter les services d’urgence et les agents de l’ONF ; se renseigner auprès de la préfecture du Lot pour connaître les éventuelles restrictions d’accès aux massifs.