Un été marqué par l'assèchement des rivières du bassin
Sur les rives du Serein, le spectacle est inédit pour nombre d'habitants : à Cours, commune déléguée de Grimault, le lit paraît totalement vidé et le cours d'eau reste sec depuis plusieurs jours. Plus en aval, les paysages se modifient : des îlots de pierres émergent, des méandres se réduisent à quelques rus et les berges exhalent parfois une odeur d'algues. La même tendance se dessine sur le Cousin, où le niveau ne dépasse souvent pas une dizaine de centimètres.
Face à cette situation, la préfecture a placé les deux cours d'eau au niveau le plus élevé d'alerte : le Cousin est en crise depuis le 26 juin, le Serein depuis le 10 juillet. Ces décisions traduisent une raréfaction de l'eau qui n'est pas seulement passagère mais structurelle pour les usagers des bassins concernés.
"Avant, il séchait mais jamais autant et aussi longtemps. C'est comme en 1976, où il avait un peu plu en mars, puis seulement en septembre."
Ce constat, tenu par un riverain de Cours, illustre l'émotion et l'inquiétude ressenties par ceux qui vivent auprès de la rivière depuis des décennies. Pour certains, la disparition progressive de petites retenues ou barrages accentue l'assèchement local en empêchant la formation de mares persistantes.
Des mesures strictes pour économiser l'eau
La préfecture a encadré les usages domestiques et agricoles afin de préserver les ressources disponibles. Pour les habitants des bassins du Serein et du Cousin, les principales règles en vigueur sont les suivantes :
- Arrosage des jardins potagers autorisé uniquement avant 9 heures ou après 20 heures ;
- Interdiction d'arroser arbres, arbustes, pelouses ou espaces verts en dehors de ces horaires ;
- Remplissage ou vidange des piscines de plus de 1 m³ interdit ;
- Lavages de véhicules proscrits ;
- Nettoyage de trottoirs, façades ou toitures toléré uniquement pour des raisons sanitaires ou de sécurité, et avec du matériel spécifique.
Ces restrictions obligent collectivités, agriculteurs et particuliers à repenser très concrètement leur consommation. Pour les agriculteurs, la situation est d'autant plus préoccupante que le manque d'eau pèse sur les prairies et les cultures estivales, sans que des chiffres précis sur les pertes locales aient été communiqués à ce stade.
Conséquences locales et perspectives
Au-delà de l'impact direct sur l'usage domestique, la sécheresse modifie le visage des paysages fluviaux et peut affecter la faune et la flore aquatiques : poissons, amphibiens et invertébrés voient leurs habitats réduits et fragmentés. Les autorités locales et associations naturalistes suivent la situation, en lien avec la préfecture, pour évaluer les mesures complémentaires à prendre si le déficit hydrique perdure.
Tableau récapitulatif :
| Date | Événement |
|---|---|
| 26 juin | Cousin placé en crise |
| 10 juillet | Serein placé en crise |
Pour les habitants, la vigilance reste de mise : adapter les pratiques quotidiennes et respecter les consignes permettent de limiter l'impact immédiat. À moyen terme, la fréquence de ces épisodes suscite des questions sur la gestion des retenues, la préservation des zones humides et les adaptations nécessaires pour protéger le patrimoine naturel des vallées du Serein et du Cousin.