Un front de mer dévasté et des emplois anéantis
La double secousse qui a frappé le Venezuela le 24 juin a réduit à l’arrêt une économie littorale jusque-là vivante. La Guaira, station balnéaire de Caracas située à 40 minutes de la capitale, voit sa activité touristique s’effondrer : kiosques fermés, parasols abandonnés, commerces en ruines. Pour de nombreux habitants, le tourisme constituait la seule source de revenus.
Le témoignage d'une vendeuse résume l'urgence sociale :
"Où vais-je trouver de l'argent ?"La question, posée par Faisuris Alvarez, 39 ans, reflète l'inquiétude de familles entières dépendant de la fréquentation des plages et des flux de vacanciers désormais interrompus.
Des pertes matérielles évaluées à près de 37 milliards de dollars
Le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes a estimé les pertes matérielles à près de 37 milliards de dollars. Au-delà des destructions visibles, les effets indirects menacent le tissu économique local : perturbation des chaînes d'approvisionnement, effondrement de la consommation, baisse de l'emploi et interruption des revenus informels.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Date du séisme | 24 juin |
| Victimes humaines (approx.) | près de 4 000 morts |
| Estimations des pertes matérielles | près de 37 milliards de dollars |
Une économie de bord de mer réduite à l’aide humanitaire
La vie économique de La Guaira était bâtie sur des activités de petite échelle : ventes de glaces, fruits, plats frits, galettes, fruits de mer. Ces revenus, souvent informels et saisonniers, ne disposent ni d'épargne suffisante ni de filet social pour absorber un an sans visiteurs, comme l'exprime l'un des commerçants : "Comment vivre un an sans rien faire ?!"
- Impact direct : fermeture massive des commerces et perte immédiate des revenus locaux.
- Conséquences indirectes : pillages et perturbations des transports et des chaînes d'approvisionnement.
- Perspectives : retour des touristes incertain à court terme, prolongation de la crise économique pour les communautés côtières.
Les scènes de pillage signalées dans plusieurs secteurs ajoutent une dimension sécuritaire aux dommages économiques et humanitaires. Les experts, comme l’économiste Asdrúbal Oliveros, soulignent que les pertes vont au-delà des biens détruits : déclin durable de l'activité commerciale, hausse du chômage et contraction de la consommation locale.
La reconstruction exigera des ressources massives et un effort coordonné entre autorités, organisations internationales et acteurs privés. En attendant, des milliers de familles restent sans revenu, confrontées à la double urgence humanitaire et économique.