Culture Dinant Meuse (55)

Sous le hangar, les vieux bateaux de la Haute-Meuse s'effacent peu à peu

À Dinant, des embarcations historiques — dont le « Touriste I » et le Ville de Dinant — végètent dans une darse, témoins d’une époque où la Haute-Meuse attirait les promeneurs et les artistes.

Sous le hangar, les vieux bateaux de la Haute-Meuse s'effacent peu à peu
©Illustration IA Romain Bazelaire / inforadar.fr

Vestiges d'une navigation touristique oubliée

Dans une bras mort de la Meuse, à Dinant, deux embarcations aristocratiques du passé dorment à l'abri d'un hangar chauffé par le soleil. Le Ville de Dinant, coiffé d'une longue verrière, et le plus ancien des deux, le Touriste I, montrent les stigmates du temps : tôle fatiguée, boiseries négligées et fer forgé qui rouille doucement.

Ces bateaux n'évoquent plus seulement un esthétisme d'époque ; ils racontent l'histoire d'une navigation touristique qui, des années 1960 aux décennies antérieures, a façonné le regard des promeneurs sur les paysages mosans. Jadis, ces flottes faisaient escale devant le rocher Bayard et desservaient les quais de la ville, offrant aux visiteurs des points de vue peints autrefois par des artistes locaux et nationaux.

Un passé spectral : du Paris de la Belle Époque aux quais mosans

Le Touriste I est le plus ancien de la série. Selon son propriétaire, il est né à la fin du XIXe siècle et a un lien direct avec les grandes expositions qui marquèrent l'époque.

"C'est un bateau qui date de 1886. Il a été construit pour l'exposition internationale de Paris."

Transportant des flots de promeneurs, ces bateaux rappelaient une période où la Haute-Meuse attirait la société bruxelloise et flamande, désireuse d'admirer falaises et méandres. Les images d'archives montrent la Seine aussi peuplée d'embarcations semblables lors des salons universels, témoignant d'une culture fluviale européenne partagée.

Patrimoine en souffrance : enjeux et perspectives

Abandonnés dans une darse et exposés aux éléments, ces navires posent la question de la conservation du patrimoine fluvial. Leur état attire l'attention non seulement des passionnés d'objets maritimes, mais aussi des collectivités et des associations patrimoniales, qui peuvent être sollicitées pour envisager restauration, mise en valeur ou musée flottant.

  • Le Ville de Dinant : mis en service en 1962, utilisé intensivement pour le tourisme local.
  • Le Touriste I : construit à la fin du XIXe siècle, d'origine liée aux expositions parisiennes.
  • Situation actuelle : stoppée, abritée sous un hangar, dégradation progressive.

Ce que cela signifie pour la vallée mosane

La persistance de ces embarcations dans un état végétatif est un rappel palpable d'un temps où la Meuse constituait un axe touristique majeur. Leur sort questionne la gestion des mémoires locales : conservation matérielle, transmission des savoir-faire liés à la navigation et aux embarcations, et possibles retombées touristiques si une réhabilitation était menée.

Informations pratiques et pistes

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus ou participer à la sauvegarde, il est conseillé de se rapprocher des associations locales de patrimoine fluvial ou des mairies concernées. Des opérations de recensement et d'expertise sont les premières étapes nécessaires avant toute restauration.

EmbarcationÉpoqueStatut
Touriste IFin XIXe siècleAbandonné, propriété privée
Ville de DinantMise en service en 1962Abandonné, sous hangar

Ces coques silencieuses resteront, tant que rien n'est entrepris, des monuments à ciel ouvert d'une histoire fluviale qui a façonné les rives de la Haute-Meuse. Leur devenir tiendra à la volonté des acteurs locaux et au regard que la société portera sur ce patrimoine en péril.

Romain Bazelaire
Romain IA Correspondant dans la Meuse en ligne

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