Un retour aux sources et aux ressources locales
À Strasbourg, l’ancien Festival de musique, disparu en 2013, retrouve une forme nouvelle sous l’appellation « Festival Rhénan ». L’initiative, portée par des structures associatives et artistiques locales, cherche à renouer avec les ingrédients qui ont fait la renommée du rendez-vous musical strasbourgeois : tradition, formation locale et ouverture à la création.
Le concert de clôture, donné au Palais de la Musique et des Congrès Pierre Pfimlin, illustre cette volonté. Le programme conjuguait œuvres du grand répertoire, compositeurs liés à la région et créations contemporaines, servis par des forces locales comme l’orchestre OPS et des artistes rattachés au Conservatoire de la ville.
Programme exemplaire : tradition, rhénanité et création
Le choix des œuvres et des interprètes reflète la stratégie artistique du festival : ancrage patrimonial et attention aux créations actuelles. La soirée comprenait notamment :
- Ludwig van Beethoven : Ouverture de Coriolan
- Marie Jaëll (née Trautmann) : Concerto pour piano n°2
- Emmanuel Séjourné : Concerto n°2 pour marimba (création française)
Le plateau mêlait ainsi des pièces identifiables du répertoire et des œuvres mettant en valeur la « rhénanité » au sens large, en particulier Marie Jaëll, compositrice originaire de la région.
« Tradition avec Beethoven et Stravinsky, ‘rhénanité’ avec Marie Jaëll… »
Cette phrase, qui résume l’esprit affiché lors du concert de clôture, témoigne d’un équilibre recherché entre mémoire musicale et perspectives contemporaines.
Acteurs locaux et ambition citoyenne
La renaissance du festival tient à son caractère associatif : elle émane d’un collectif local plutôt que d’une logique strictement commerciale ou « star-système », souvent pointée du doigt dans les dérives antérieures. La présence d’enseignants du Conservatoire et de chefs issus du tissu musical strasbourgeois souligne la volonté d’appuyer l’événement sur le vivier local.
| Élément | Rôle |
|---|---|
| OPS | Orchestre institutionnel du concert |
| Marie Jaëll | Représentation de la composante régionale |
| Emmanuel Séjourné | Création contemporaine (concerto pour marimba) |
Le choix d’un chef jeune, Swann Van Rechem, pour diriger la soirée confirme aussi une volonté d’ouverture vers la jeunesse et de renouvellement des forces musicales.
Conséquences pour la vie culturelle strasbourgeoise
La relance de ce festival a plusieurs implications locales :
- reconnaissance et valorisation des compositeurs régionaux,
- création d’opportunités pour les musiciens et enseignants locaux,
- redynamisation d’un calendrier culturel qui avait perdu une référence historique depuis 2013.
Si ce premier cycle montre des signes prometteurs, la pérennité de l’événement dépendra de la capacité des organisateurs à stabiliser une direction artistique cohérente, à mobiliser des partenariats durables et à fidéliser un public sufficient sans retomber dans les écueils qui avaient entraîné la disparition du festival initial.
Pour les Strasbourgeois, le « Festival Rhénan » représente à la fois une restitution d’un patrimoine musical et une proposition renouvelée qui pourrait, à terme, reconstituer une place majeure pour la capitale alsacienne dans le paysage des festivals français.