Une vitrine pour l'innovation navale sur la rade
La 8e édition d'i-Naval, organisée en juin à Toulon, a confirmé le rôle de la ville comme plaque tournante de l'innovation navale française. Dans un contexte international tendu, la Direction générale de l'armement (DGA) et ses partenaires multiplient les initiatives pour rapprocher la recherche, l'industrie et les besoins opérationnels de la Marine nationale.
Les intervenants ont souligné la nécessité d'une DGA plus agile et réactive, capable de conjuguer « temps long » et « temps court ». À Toulon, industriels, ingénieurs et acteurs académiques — dont une Université de Toulon affichant une vocation « duale » — se positionnent dans cette dynamique.
Trois innovations présentées à suivre
Parmi la vingtaine d'entreprises mises en lumière, certaines propositions illustrent la volonté de diversifier les capacités navales avec des systèmes plus légers, moins complexes et plus versatiles. Trois innovations ont retenu l'attention des participants :
- Romata (Eyedee) : un drone de surface dit « kamikaze » développé pour l'entraînement et des usages opérationnels, long de 3 mètres, pesant environ 100 kg et proposé à un prix unitaire proche de 20 000 euros.
- Des systèmes modulaires et plus légers présentés par des PME locales et nationales, visant à compléter les grands programmes navals en apportant de la flexibilité et une montée en cadence des capacités.
- Des solutions passant à l'échelle technologique — capteurs, outillages et procédés — destinées à améliorer la supériorité opérationnelle sans alourdir les plateformes principales (porte-avions, frégates, sous-marins).
« La DGA doit être plus agile, plus rapide, plus innovante dans ses process », a expliqué François‑Xavier Dufer, soulignant l'enjeu d'équilibrer programmes majeurs et systèmes plus légers.
i-Naval a ainsi présenté près de 150 innovations en sept ans, dont une centaine sont déjà passées à l'échelle, illustrant une filière en mouvement autour de la rade.
Enjeux locaux et retombées pour Toulon
Pour Toulon, ville portuaire et première base navale française, l'essor de ces technologies représente plusieurs opportunités : maintien et création d'emplois qualifiés, développement des sous-traitances locales, renforcement des synergies entre recherche et industrie. Les PME innovantes profitent d'une fenêtre d'accès aux marchés de la Défense, tandis que l'écosystème universitaire toulonnais peut accélérer sa contribution technique et humaine.
Reste la nécessité d'une mise en œuvre concrète : transition des prototypes vers la production, intégration aux systèmes existants et respect des calendriers opérationnels décidés par la DGA et la Marine. À Toulon, les acteurs attendent désormais des suivis et des marchés pour transformer la vitrine technologique d'i-Naval en retombées tangibles.
Perspectives
La volonté affichée de la DGA de « se transformer » laisse entrevoir un continuum entre grande industrie et petites structures innovantes. Pour la rade de Toulon, i-Naval n'est pas qu'une exposition : c'est un signal pour un développement industriel et scientifique à poursuivre, entre préservation des savoir-faire maritimes et appropriation de nouvelles capacités plus légères et adaptables.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Innovations présentées (sept ans) | 150 |
| Passées à l'échelle | ~100 |
| Romata - longueur | 3 m |
| Romata - masse | 100 kg |
| Romata - prix unitaire | ~20 000 € |