Une hausse votée au conseil municipal pour agir sur le parc vide
La Ville de Tours a présenté, lors du conseil municipal du lundi 6 juillet, un projet visant à augmenter fortement la taxe applicable aux logements inoccupés depuis plus de deux ans. L'exécutif municipal justifie la manœuvre par un double objectif : récupérer quelques milliers d'euros dans les caisses communales et surtout faire diminuer la proportion de logements vacants afin de stimuler l'offre locative.
La mesure s'appuie sur une possibilité réglementaire nationale en vigueur depuis 2010 : les communes peuvent taxer les propriétaires de logements restés vides deux années consécutives. Aujourd'hui, cette taxe rapporte à la ville environ 900 000 € par an, indique Frédéric Miniou, adjoint au maire en charge des finances.
« Sur une année cela nous rapporte environ 900 000€ », explique l’adjoint au maire Frédéric Miniou.
Doublée dès 2027, une possible nouvelle hausse en 2028
Actuellement, le taux appliqué à Tours est de 22,42 % — aligné sur le barème de la taxe d'habitation. La ville prévoit de porter ce taux à 50 % à compter du 1er janvier 2027. La municipalité évoque même la possibilité d'aller jusqu'à 60 % à partir de 2028 si le territoire est classé en « zone tendue ».
Le dispositif concernerait environ 1 200 contribuables, parmi lesquels 300 résidents de Tours. La municipalité pointe une fraction de propriétaires soupçonnés de pratiques spéculatives — par exemple attendre la hausse des prix pour vendre — comme cible principale de la mesure.
- Taux actuel à Tours : 22,42 %
- Taux prévu à partir du 01/01/2027 : 50 %
- Contribuables concernés : ~1 200 (dont ~300 à Tours)
- Recettes actuelles annuelles : ~900 000 €
Une sanction ou un avertissement ?
En termes de montants, la ville illustre l'impact potentiel pour un propriétaire type : la taxe moyenne actuelle payée pour un logement vide s'établit à environ 600 €. Si le taux est augmenté et que l'inoccupation se prolonge, cette somme pourrait atteindre 1 200 €. La mairie préfère parler d'« avertissement » plutôt que de sanction, affirmant vouloir accompagner les propriétaires vers la mise sur le marché de leur bien.
« On sait que le sujet va donner lieu à débat », reconnaît l’adjointe au maire Marie Quinton, qui suit les questions de logement.
Conséquences locales et débat à venir
Concrètement, la hausse annoncée soulève plusieurs questions pour Tours : quels seront les effets réels sur la vacance du parc privé ? Les propriétaires contraints par la taxe mettront‑ils davantage de biens en location ou, au contraire, préféreront‑ils vendre — ce qui pourrait modifier l'offre globale ? Et comment la municipalité accompagnera‑t‑elle ces changements pour éviter des effets secondaires indésirables (remises sur le marché inadaptées, hausses de loyers, etc.) ?
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Recettes annuelles actuelles | ~900 000 € |
| Nombre de contribuables concernés | ~1 200 |
| Nombre de contribuables résidant à Tours | ~300 |
La discussion devrait s'ouvrir en conseil municipal et dans l'espace public. La municipalité avance qu'elle n'est pas la seule collectivité à suivre cette voie et présente la hausse avant tout comme un outil pour relancer la mise en location de logements actuellement inoccupés. Reste à voir si cette stratégie produira l'effet attendu sur le marché locatif tourangeau.