Un livre hors norme, né en Auvergne
Dans la catégorie des objets rares, « L’Apocalypse de saint Jean » occupe une place à part. Conçu entre 1958 et 1961 par l’éditeur auvergnat Joseph Foret, cet ouvrage unique pèse 210 kg : sa couverture seule, réalisée en bronze selon la technique de la cire perdue, représente 150 kg.
À l’origine de ce projet colossal, une ambition artistique et éditoriale qui n’a rien de modeste : rassembler autour d’un même volume sept peintres et sept écrivains pour illustrer et commenter l’Apocalypse de saint Jean.
Un plateau d’artistes et d’écrivains de premier plan
La liste des contributeurs donne le ton. Parmi les peintres, on compte Salvador Dalí, Léonard Foujita, Bernard Buffet, Georges Mathieu, Ossip Zadkine, Leonor Fini et Pierre-Yves Trémois. Côté textes, le livre réunit notamment Jean Cocteau, Jean Giono et Emil Cioran, quatre écrivains membres de l’Académie.
« J’ai mis dix ans à le payer »
La confection de l’ouvrage est tout aussi exceptionnelle : la calligraphe Micheline Nicolas a tracé à la main environ 93 000 lettres réparties sur 150 parchemins. Dalí, pour sa part, a façonné la couverture selon la technique de la cire perdue, un procédé de sculpture traditionnel qui explique en partie le poids et l’aspect monumental du volume.
Un record et une valeur symbolique
Autrefois estimé à 100 millions d’anciens francs, ce livre a longtemps détenu le record du livre le plus lourd et le plus cher du monde. Au-delà du prix, c’est la combinaison d’un savoir-faire artisanal, d’un investissement technique et d’un plateau d’artistes renommés qui confère à l’objet sa singularité.
- Poids total : 210 kg
- Couverture en bronze : 150 kg
- Période de création : 1958–1961
- Calligraphie : ~93 000 lettres sur 150 parchemins
- Contributeurs : Dalí, Foujita, Buffet, Mathieu, Zadkine, Fini, Trémois ; Cocteau, Giono, Cioran, etc.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Poids total | 210 kg |
| Couverture bronze | 150 kg |
| Parchemins | 150 |
| Lettrage | ~93 000 lettres |
| Période | 1958–1961 |
Un patrimoine local à préserver
Si le contexte précis de conservation de l’ouvrage n’est pas détaillé dans les éléments publiés, la présence en Auvergne d’un tel objet rappelle l’importance de la région dans l’histoire de l’édition d’art. L’ouvrage témoigne d’un savoir-faire de pointe mêlant arts plastiques, calligraphie et techniques de métal, et pose la question de la conservation et de la visibilité de ce patrimoine singulier.
Pour les habitants du Puy-de-Dôme et des départements voisins, cette pièce unique est un signal fort : l’Auvergne n’a pas seulement exporté des talents, elle a aussi été le foyer de projets éditoriaux ambitieux, à l’échelle internationale.
À défaut d’information supplémentaire sur les conditions d’exhibition ou de prêt, cette découverte invite les institutions culturelles locales à s’intéresser à ce trésor matériel et artistique, et au rôle qu’elles peuvent jouer pour le rendre accessible au public.