La Loire racontée au rythme de la pellicule
À 24 ans, Germain Robin signe une première montre attentive et rugueuse de la Loire. Né à Ancenis et domicilié à Divatte-sur-Loire — « là où le fleuve est au bout de la rue » — le jeune photographe a choisi l'argentique et le moyen format pour rendre compte d'un paysage vivant, changeant et parfois surprenant.
Sa série, composée d'une vingtaine d'images regroupées sous le titre « Loire mon amour », est visible jusqu'au 25 juillet à L'Atelier Argentique à Nantes (19, chaussée de la Madeleine). Les clichés privilégient le temps long : pellicule couleur, Mamiya 645, cadrages calmes mais précis, autant d'outils qui lui permettent d'extraire du quotidien des scènes qui questionnent.
Formé au BTM photographie à la faculté des métiers de Bruz, l'auteur a parcouru d'autres horizons — Erasmus en Allemagne, voyages en terres maghrébines — qui nourrissent une vision déjà affirmée. Dans son travail, on retrouve l'attrait pour les grands espaces, la solitude et l'architecture, qualités qui transparaissent jusque dans des prises nantaises, comme une version personnelle du Zénith observée au moyen format.
« La Loire impose ses propres rythmes »
Le photographe explique ne pas vouloir faire ni carte postale, ni catastrophe. Il s'attache à la matérialité du fleuve : crues et reflux, parcelles temporairement immergées, et figures du paysage rural — du pêcheur professionnel aux tunnels de bâche blanche des maraîchers, ces structures plastiques qui ponctuent le territoire et suscitent débats. Parmi ses images, on trouve aussi des instants insolites : un chemin englouti, une vache témoin d'une crue, des géométries inattendues.
- Exposition : L'Atelier Argentique, Nantes (19, chaussée de la Madeleine)
- Visite : jusqu'au 25 juillet
- Technique : pellicule couleur, moyen format (Mamiya 645)
- Contact : www.germainrobin.site
Pour notre territoire, le travail de Germain Robin importe : il redessine la Loire en creux et en surfaces, documente des usages en voie d'évolution et met en lumière des acteurs souvent peu visibles — pêcheurs, maraîchers, riverains. Son regard est celui d'un natif qui n'a pas renoncé à l'examen critique; il montre ce qui tient après la saison, ce qui résiste aux représentations touristiques et aux alarmes médiatiques.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Nom | Germain Robin |
| Âge | 24 ans |
| Origine / Résidence | Ancenis / Divatte-sur-Loire |
| Technique | Pellicule couleur, moyen format (Mamiya 645) |
| Exposition | Jusqu'au 25 juillet — L'Atelier Argentique, Nantes |
Les habitants de la Loire qui se reconnaissent dans ces berges en constante métamorphose trouveront dans ces images un écho tangible. Le regard de ceux qui vivent le fleuve au quotidien — et qui parfois en tirent leur travail — y est restitué sans fard. Une photographie de proximité, faite pour durer.