Un passé industriel méconnu
À Valence, l'histoire de la fabrication des pâtes alimentaires remonte au milieu du XIXe siècle. Selon l'historien local Philippe Bouchardeau, c'est à cet époque que se développe une filière régionale : entreprises produisant macaroni, vermicelle et coquillette voient le jour et profitent des ressources locales pour se développer.
Des atouts naturels mis à profit
Les industriels valencien(s) ont tiré parti de deux éléments qui ont pesé dans le choix d'implantation : la qualité des eaux utilisées pour le mouillage du blé et le mistral pour la phase de séchage. Ces conditions climatiques et hydriques ont facilité la production artisanale puis industrielle des pâtes au cours du XIXe et du XXe siècles.
- 1850s : amorce du développement industriel.
- 1870s : multiplication des entreprises locales.
- XXe siècle : maintien d'activités significatives avant la disparition progressive des unités de production.
"En 2022, selon une étude, sept personnes sur dix mangeaient au moins une fois par semaine des pâtes."
Cette consommation courante met en lumière un paradoxe : si les pâtes sont bien ancrées dans les habitudes alimentaires françaises contemporaines, leur fabrication n'est plus aujourd'hui représentée à Valence, contrairement au passé. Le changement des filières industrielles, la concentration de la production ailleurs en France et à l'étranger, ainsi que l'évolution des circuits commerciaux expliquent en partie cette désindustrialisation locale.
Conséquences pour le territoire
La disparition progressive des ateliers de pâtes à Valence illustre des mutations plus larges de l'économie locale : tertiarisation, réorientation des activités manufacturières et difficulté à conserver des productions alimentaires sur place. Ces transformations ont des effets concrets :
- perte d'emplois industriels locaux liés à la fabrication alimentaire ;
- érosion d'un savoir-faire artisanal et d'un patrimoine industriel spécifique ;
- opportunités manquées pour des circuits courts si la production décide de revenir à proximité des cultures céréalières locales.
Des initiatives patrimoniales et des recherches historiques, comme celles menées par Philippe Bouchardeau, contribuent à documenter ce pan d'histoire valencienne et à interroger les choix économiques actuels.
| Époque | Phénomène |
|---|---|
| Années 1850 | Démarrage de la filière locale |
| Fin XIXe - XXe | Multiplication d'entreprises profitant de l'eau et du mistral |
| XXIe | Absence actuelle de production à Valence |
Pour les acteurs locaux — élus, commerçants, porteurs de projets agricoles — la question qui se pose est double : comment valoriser ce patrimoine industriel et, au-delà, quelles conditions réunir pour que des productions alimentaires encore existantes ailleurs puissent trouver un jour un ancrage économique durable sur le territoire valentinoi(s) ?
Raconter cette histoire, la replacer dans le temps long et la relier aux enjeux contemporains permet d'éclairer les choix de développement économique et de préservation patrimoniale à Valence.