Un projet politique pour « préparer la transition »
Vingt-quatre personnalités guadeloupéennes ont publié, samedi 24 octobre, un texte appelant à la mise en place d’un Conseil national, présenté comme un gouvernement provisoire destiné à préparer la création d’une République indépendante de la Guadeloupe. Les auteurs disent vouloir constituer un « Shadow Government », non pas pour remplacer les institutions en place immédiatement, mais pour organiser une transition politique.
Parmi les signataires figurent des visages bien connus des luttes locales : Luc Reinette, engagé de longue date dans le courant indépendantiste et lié aux années 1980, Raymond Gauthierot, ancien secrétaire général de l’UGTG, et Jean-Jacob Bicep, ancien député européen et secrétaire général de l’UPLG. Le texte rassemble également des acteurs du monde juridique et de la mémoire, comme les avocats Roland Ezelin et Evita Chevry, ainsi que Jacqueline Jacqueray.
Les signataires expliquent que la mission du conseil serait d’élaborer un projet de société pour une future République de Guadeloupe, de fédérer les forces du territoire et de créer une Assemblée populaire. Ils envisagent aussi d’engager des négociations avec l’État français sur des sujets institutionnels, économiques, sociaux et culturels.
- Objectif principal : préparer la création d’une République indépendante.
- Moyens envisagés : assemblée populaire, négociations avec l’État, élaboration d’un projet de société.
- Revendiations historiques : demandes de réparations liées à la colonisation, à la traite, à l’esclavage et à l’engagisme.
"Il ne s'agit plus de négocier des aménagements marginaux ou de mendier des transferts compensatoires : la responsabilité politique doit être assumée directement par le peuple guadeloupéen"
Les auteurs expliquent avoir choisi la date du 24 octobre en référence à un événement historique remontant au 24 octobre 1801, ancrant ainsi leur appel dans une mémoire collective. Le texte ne propose pas de chronogramme précis pour la mise en œuvre du Conseil national, ni de calendrier de consultations populaires. Il pose cependant des lignes politiques claires, notamment sur la question des réparations et sur la nécessité d’une souveraineté assumée.
À la rue et dans les quartiers, les réactions varient : certains habitants voient dans cette initiative un pas nécessaire pour ouvrir un débat de fond sur l’avenir institutionnel de l’archipel ; d’autres craignent une polarisation accrue sans accord majoritaire clair. Les syndicats, élus locaux et services de l’État n’ont pas publiquement pris position au moment de la publication de l’appel.
Concrètement, si le Conseil national venait à se constituer, plusieurs chantiers seraient à lancer rapidement : la rédaction d’un projet constitutionnel, l’organisation d’instances de consultation, l’ouverture de discussions avec Paris sur les modalités d’un transfert de compétences et le financement d’un processus de transition. Ces étapes présupposent une capacité de mobilisation et de légitimation large sur le territoire, ce qui reste à construire.
| Élément | Information |
|---|---|
| Nombre de signataires | 24 |
| Figures citées | Luc Reinette, Raymond Gauthierot, Jean-Jacob Bicep, Roland Ezelin, Evita Chevry, Jacqueline Jacqueray |
| Missions annoncées | Préparer une République, créer une Assemblée populaire, négocier avec l’État, réclamer réparations |
Cette initiative relance le débat, déjà ancien en Guadeloupe, sur l’autonomie et l’indépendance. Elle pose aussi la question de la manière dont la société locale souhaite discuter et décider de son avenir : par des mobilisations citoyennes, des démarches institutionnelles ou des négociations entre acteurs. Les semaines à venir permettront de mesurer l’ampleur du soutien à ce projet et les réponses des autres forces politiques et sociales de l’archipel.