Un sursis judiciaire pour des entreprises au cœur du débat sur la commande publique
Le tribunal de commerce de Pointe‑à‑Pitre a rendu une décision qui, pour l'heure, met un frein aux poursuites individuelles engagées contre l'un des visages de la mobilisation sociale locale. Ce jeudi 22 octobre, le chef d'entreprise José Gaddarkhan a obtenu le placement en redressement judiciaire de trois de ses sociétés.
Entendu en audience dans la matinée, l'homme a expliqué faire face à des difficultés financières importantes, qui l'ont conduit à solliciter la protection du tribunal pour la SAS Société guadeloupéenne d’enrobés à chaud (SGEC), la SAS Emile Gaddarkhan et Fils TP (EGFTP) et la SAS Établissement Gaddarkhan et Compagnie (EGC). Deux de ces entités étaient en cessation de paiements au moment de la saisine.
Le passif déclaré auprès des organismes sociaux et fiscaux — CGSS, Finances publiques et URSSAF — s'élève à près de 14 millions d’euros. Face au tribunal, l'entrepreneur a mis en avant des problèmes de trésorerie et des délais de paiement de la commande publique comme facteurs aggravants.
« Nous avons plaidé sur pas mal de sujets, mais c’est aussi le débat de la commande publique et des délais de paiements de la commande publique, qui font qu’aujourd’hui beaucoup de ces sociétés ont des capacités de survie assez incroyables, mais elles ont surtout des problèmes de trésorerie. »
À l'audience, la procureure de la République avait émis un avis favorable à la mesure demandée. Du côté de la défense, le tribunal a été perçu comme offrant un temps de respiration : selon l'avocat, la procédure permet d'arrêter des poursuites individuelles et de placer les sociétés sous la surveillance d'un administrateur judiciaire.
La présence de proches et de salariés au palais de justice témoigne de l'enjeu social derrière le dossier : solidarité, incertitudes sur l'emploi et inquiétude dans les équipes opérationnelles. Plusieurs salariés, venus soutenir le dirigeant, ont confié leur préoccupation quant à l'avenir des chantiers et des contrats en cours.
- Sociétés concernées : SGEC, EGFTP, EGC
- Situation financière : environ 14 millions d'euros de dettes sociales et fiscales
- Conséquence immédiate : suspension des poursuites individuelles et ouverture d'une période d'observation
| Entreprise | Statut |
|---|---|
| SGEC | Placée en redressement judiciaire |
| EGFTP | Placée en redressement judiciaire (en cessation de paiements) |
| EGC | Placée en redressement judiciaire (en cessation de paiements) |
Ce dossier s'inscrit aussi dans le paysage du mouvement social impulsé par le collectif « Nou Las Palé », dont M. Gaddarkhan est l'un des visages. L'issue judiciaire ne règle pas les problèmes structurels évoqués au tribunal, notamment les pratiques de la commande publique et les délais de règlement qui, selon la défense, pèsent lourd sur la trésorerie des entreprises locales.
Pour les acteurs économiques et les salariés concernés, la période d'observation à venir sera déterminante : elle ouvrira la possibilité d'élaborer un plan de continuation ou, si les conditions l'exigent, d'autres décisions judiciaires. Sur le terrain, la population suit ce dossier de près, consciente que les contractions des entreprises locales ont des répercussions directes sur l'emploi et les marchés publics en Guadeloupe.
La procédure engagée offre pour l'instant une fenêtre de stabilité administrative. Reste à savoir si, dans les semaines à venir, des repreneurs, des accords de paiement ou des mesures de soutien permettront de redresser la situation financière des sociétés concernées.