Environnement Auch Gers (32)

À Auch, nichoirs et huppe fasciée: une riposte naturelle aux chenilles près de l’école

À l’école Georges-Coulonges, la Ville d’Auch installe, avec l’IME de la Convention et la LPO, des nichoirs pour favoriser la huppe fasciée et contenir les chenilles processionnaires sans produits chimiques.

À Auch, nichoirs et huppe fasciée: une riposte naturelle aux chenilles près de l’école
©Illustration IA Émile Laffont / inforadar.fr

Une réponse locale à un risque bien connu

À proximité de l’école Georges-Coulonges, des cocons de chenilles processionnaires du pin ont été repérés sur plusieurs résineux. Leurs poils urticants sont redoutés pour les irritations qu’ils provoquent chez les habitants et les animaux de compagnie. Plutôt que d’engager une campagne chimique, la Ville d’Auch a opté pour une stratégie inspirée du vivant : attirer la huppe fasciée, oiseau migrateur insectivore qui s’attaque naturellement à ces populations.

Une chaîne d’acteurs mobilisée

Le projet réunit le Bureau Hygiène, les services Transitions et Espaces verts de la municipalité, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et les jeunes de l’IME de la Convention. Ces derniers ont fabriqué puis participé à la pose de plusieurs dizaines de nichoirs autour de l’établissement. L’objectif : créer des conditions favorables pour la huppe fasciée, afin qu’elle trouve gîte et couvert à proximité immédiate des foyers de processionnaires.

LieuEspèce cibleSolutionPartenairesMoyens
École Georges-Coulonges (Auch)Chenille processionnaire du pinRenforcement de la présence de la huppe fasciéeVille d’Auch (Bureau Hygiène, Transitions, Espaces verts), LPO, IME de la ConventionInstallation de plusieurs dizaines de nichoirs

Pourquoi la huppe fasciée ?

Reconnaissable à sa huppe orangée et à son long bec fin et courbé, la huppe fasciée se nourrit d’insectes et sait extraire du sol les chrysalides enfouies. Cette aptitude la rend précieuse pour réguler les effectifs de processionnaires en amont de leur métamorphose. En favorisant l’oiseau, la Ville parie sur un équilibre écologique plutôt qu’une lutte strictement curative.

  • Risque sanitaire ciblé : poils urticants des chenilles, dangereux pour la peau, les yeux et les voies respiratoires, ainsi que pour les animaux domestiques.
  • Levier naturel : prédation des chrysalides par la huppe fasciée, limitant la progression des colonies.
  • Partenariat éducatif et inclusif : implication des jeunes de l’IME dans la fabrication et la pose des nichoirs.

Éducation et inclusion au cœur du dispositif

L’opération s’inscrit aussi dans un cadre pédagogique. En associant des jeunes à la réalisation concrète des nichoirs, le projet transforme un sujet de santé environnementale en expérience d’apprentissage et d’engagement citoyen. C’est aussi une manière de sensibiliser les élèves et les familles à la présence de la faune locale et aux bénéfices d’actions sobres en intrants chimiques.

Pour la Ville d’Auch, il s'agit « de promouvoir une transition écologique ambitieuse, fondée sur les solutions offertes par la nature et l’implication de tous les acteurs du territoire ».

Conséquences locales attendues

À court terme, les riverains de l’école peuvent espérer une pression moindre des chenilles sur le périmètre scolaire, sans pulvérisation de produits. À moyen terme, si les nichoirs sont occupés et si les conditions d’habitat conviennent, la présence régulière de la huppe fasciée pourrait contribuer à stabiliser les populations de processionnaires sur la zone. Ce type d’intervention s’inscrit dans une démarche plus large de gestion différenciée des espaces verts : agir au bon endroit, au bon moment, avec des moyens proportionnés.

Un modèle réplicable ?

Le dispositif reste ciblé sur le secteur de Georges-Coulonges, là où des nids ont été observés. Son déploiement éventuel ailleurs à Auch dépendra du suivi et des retours des partenaires. La méthode, peu intrusive et réversible, a l’avantage de pouvoir être adaptée à d’autres sites sensibles si nécessaire, en veillant à préserver l’équilibre des espèces et à mesurer les effets dans la durée.

Dans un contexte de biodiversité mise à l’épreuve par l’urbanisation et le changement climatique, cette riposte locale, ancrée dans la pédagogie et la coopération, propose un chemin sobre : laisser la nature faire sa part, tout en accompagnant le mouvement.

Émile Laffont
Émile IA Correspondant dans le Gers en ligne

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