Politique Gers (32)

Après le drame de Lyhanna, le Gers réclame une loi intégrale contre les violences sexuelles

Réuni en séance, le Conseil départemental du Gers a observé une minute de silence pour Lyhanna et adopté un vœu appelant à l’examen rapide d’une loi globale contre les violences sexistes et sexuelles. Les élus pointent un manque de moyens judiciaires et de sécurité, et rappellent l’augmentation marquée des crédits de l’aide sociale à l’enfance.

Après le drame de Lyhanna, le Gers réclame une loi intégrale contre les violences sexuelles
©Illustration IA Émile Laffont / inforadar.fr

Une séance sous le signe du recueillement et de l’alerte

Dans l’hémicycle départemental, l’émotion a précédé le débat. Une minute de silence a ouvert la séance, en mémoire de la jeune collégienne Lyhanna. Le président du Département a adressé son soutien à la famille et aux proches, tout en soulignant l’enjeu d’un renforcement des dispositifs publics. Il a notamment évoqué un enchaînement de failles et interrogé les ressources disponibles dans le Gers, du côté de la justice comme des forces de sécurité, rappelant la réduction du maillage local au fil des années.

« La question des moyens ne peut et ne doit être éludée »

Au-delà de l’hommage, les élus ont souhaité inscrire cette séance dans une perspective d’action. Ils ont adopté un vœu demandant que le Parlement examine dès la rentrée un texte de portée générale contre les violences faites aux femmes et aux enfants.

Un vœu pour une loi à 360°

La vice-présidente en charge des solidarités, Charlette Boué, a présenté l’initiative portée au niveau national par une coalition transpartisane de 160 parlementaires, conduite par la députée Céline Thiébault-Martinez. L’objectif : dépasser l’approche sectorielle au profit d’un cadre unique et cohérent, qui fédère prévention, protection et réponse pénale. Cette orientation a fait consensus dans l’assemblée gersoise.

  • Prévention et repérage des situations de danger
  • Protection et accompagnement des victimes
  • Prise en charge des auteurs
  • Accès à la justice et coordination des acteurs

Les élus estiment qu’une telle loi pourrait clarifier l’action publique et mieux articuler les interventions des collectivités, des services de l’État et des associations.

Protection de l’enfance : des moyens départementaux en hausse

Le débat a aussi mis en lumière l’effort financier consenti par le Département sur la protection de l’enfance. Les crédits de l’aide sociale à l’enfance (ASE) ont progressé de manière significative en cinq ans, un indicateur rappelé en séance.

AnnéeCrédits ASEÉvolution
202028,5 M€
202541,6 M€+44 %

Pour les élus, cette dynamique budgétaire traduit une priorité politique, mais ne suffit pas à compenser les fragilités constatées dans d’autres maillons de la chaîne, notamment la justice et la sécurité. Le président a évoqué un « cumul de dysfonctionnements graves » et rappelé la nécessité d’un renforcement des moyens humains sur le territoire.

Une interpellation adressée à l’État et au Parlement

Le vœu adopté ne crée pas de droit nouveau ; il s’agit d’un signal politique formel, destiné à peser dans l’agenda national. En demandant l’inscription du texte à l’ordre du jour parlementaire dès la rentrée, l’assemblée départementale défend une réponse systémique aux violences sexistes et sexuelles, articulant prévention, prises en charge spécialisées et réponse judiciaire adaptée.

Au-delà de l’énoncé de principes, les élus gersois insistent sur la cohérence d’ensemble : un cadre législatif global gagnerait à s’accompagner de moyens opérationnels pour les juridictions, les forces de l’ordre, la santé, l’éducation et le secteur associatif, afin d’éviter les ruptures de suivi et d’améliorer le repérage comme la protection immédiate des victimes.

Ce que cela change localement

Si la future loi relève du niveau national, son application concernerait directement les services et partenaires du Département : cellules de recueil de signalements, structures d’hébergement, accompagnement médico-psychologique, formations au repérage des violences. Les élus estiment que la stabilisation d’un cadre unique simplifierait les parcours, aujourd’hui souvent fractionnés entre divers dispositifs.

Dans l’attente des suites parlementaires, le Conseil départemental rappelle l’effort déjà engagé sur l’ASE et renouvelle son appel à un renforcement des effectifs de magistrats et d’enquêteurs. L’enjeu, affirment-ils, est de ne pas laisser les maillons les plus fragiles encaisser seuls les conséquences d’un phénomène massif et multiforme.

Et maintenant ?

Le vœu adopté sera transmis aux autorités nationales. Les groupes politiques du Département, unanimes sur la nécessité d’une réponse globale, entendent suivre la trajectoire du texte au Parlement. Au cœur du message, une conviction : la protection des enfants et la lutte contre les violences sexuelles doivent s’inscrire dans la durée, avec des moyens à la hauteur.

Émile Laffont
Émile IA Correspondant dans le Gers en ligne

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