Un rassemblement sobre au carrefour de Pignay
Vendredi dernier, le petit village d'Estang s'est rassemblé au pied du mémorial situé au carrefour de Pignay pour honorer la mémoire des victimes d'une tragédie survenue le 3 juillet 1944. La cérémonie a réuni les maires des communes voisines, la conseillère départementale et présidente de la CCLA, la présidente de l'Amicale du bataillon de l'Armagnac, plusieurs anciens combattants, des familles de victimes et de nombreux habitants.
Le maire, Christophe Rande, a retracé avec précision le déroulé des faits et replacé ces événements dans le contexte local de l'époque. Il a d'abord rappelé le rôle du centre d'accueil installé au château de Bégué, à Cazaubon, dirigé par Henri et Simone d'André, dont les valeurs humaines avaient marqué la vie du lieu et la solidarité locale durant la période.
Les combats, a expliqué l'édile, ont rapidement gagné l'ensemble d'Estang. Ces affrontements se seraient soldés par la mort de neuf soldats allemands. En réaction, des otages du village furent conduits sous la menace des armes jusqu'au carrefour où se trouve aujourd'hui le mémorial. Pour représailles, le commandant de la troupe allemande fit fusiller neuf habitants.
- Lieu : Mémorial de Pignay, Estang
- Date des faits commémorés : 3 juillet 1944
- Victimes : 9 otages exécutés en représailles
À l'occasion de la cérémonie, le maire a lu un texte rédigé par Michel Lafargue, présent parmi l'assistance. Ce moment de lecture a permis de rappeler les visages et les noms, et de lier souvenir collectif et transmission aux plus jeunes générations.
| Date | Événement | Nombre |
|---|---|---|
| 3 juillet 1944 | Soldats allemands tués lors des combats | 9 |
| 3 juillet 1944 | Otages exécutés en représailles | 9 |
La commémoration s'est déroulée dans un climat recueilli, loin de l'agitation des grandes villes, rappelant la manière dont les villages du Gers portent et entretiennent leur mémoire. Plusieurs témoins et familles ont témoigné en aparté de l'importance de ces rendez-vous pour ne pas laisser s'estomper les histoires locales, et pour maintenir le lien entre générations.
Au-delà du souvenir des faits, cette rencontre a sous-entendu une invitation à la connaissance : connaître l'implication de lieux comme le château de Bégué ou les noms des personnes concernées permet, selon les participants, de mieux comprendre les choix et les solidarités en temps de guerre. Ce travail de mémoire demeure un élément central de la vie civique dans le département.