Un front de falaise qui recule, des routes dangereusement proches du bord
À Ault, le paysage de falaises qui borde la ville ne cesse de rappeler sa fragilité. Lors de la réunion du Comité stratégique de résilience littorale (COSTRAT), le maire a exposé au préfet de la Somme les situations les plus préoccupantes pour la commune, où le recul du trait de côte modifie chaque année l’espace disponible entre habitations, voies et mer.
Au quartier du Bel-Air, la route se trouve désormais à quelques mètres d’un gouffre apparu après un éboulement en mars 2023. Selon l’élu, si un nouveau glissement de même ampleur se produisait, le boulevard circulaire « tomberait à l’eau » et une vingtaine de logements pourraient se retrouver sans accès.
« Le BRGM avait dit que s’il y avait un effondrement de même ampleur, le boulevard circulaire tomberait à l’eau ».
À quelque distance, au Bois de Cise, la route des Mouettes a été fortement impactée par deux effondrements successifs : l’accotement se trouve aujourd’hui à 6 mètres du bord de la falaise. Suite aux préconisations du BRGM, la circulation y est limitée : la voie est interdite aux véhicules de plus de 3,5 tonnes et désormais organisée en demi-chaussée, rendant l’accès au square Pomeranz partiellement impossible.
Des mesures de protection demandées et un chantier prioritaire
Face à ces menaces, le maire d’Ault a souligné la nécessité de poursuivre et d’amplifier les travaux de protection du littoral. Il a notamment insisté sur la prolongation de la digue 83 sur 120 mètres par un enrochement, estimant cette opération essentielle pour « pérenniser les travaux » et protéger durablement la base de la falaise dans les secteurs les plus exposés.
Les enjeux sont à la fois techniques et humains : préserver des voies de circulation pour les habitants, sécuriser des équipements publics et éviter des pertes de foncier. L’élu a précisé que des études sont en cours et que la commune communique régulièrement avec les riverains pour expliquer les risques et les solutions envisagées.
- Quartier Bel-Air : route à quelques mètres du gouffre, risque pour une vingtaine de maisons.
- Bois de Cise : route des Mouettes à 6 mètres du bord après deux éboulements, restriction à 3,5 t et circulation en demi-chaussée.
- Travaux : demande de prolongation de la digue 83 sur 120 mètres pour consolider la falaise.
Conséquences locales et perspectives
Sur le terrain, ces phénomènes modifient l’usage de l’espace public et obligent à repenser l’accès à certains secteurs. Si, pour l’heure, le calme règne chez une partie des habitants — rassurés par l’information communiquée par la mairie et les études en cours — la menace reste tangible et impose des priorités d’investissement.
Le passage du préfet de la Somme à Ault visait précisément à inscrire ces dossiers dans des dispositifs de soutien et de coordination entre l’État, les services techniques (comme le BRGM) et la commune. Reste à connaître le calendrier des travaux proposés et leur financement, indispensables pour transformer des préconisations en protections visibles sur le littoral.
| Lieu | Situation | Mesures mentionnées |
|---|---|---|
| Bel-Air | Route proche d’un gouffre (éboulement mars 2023) | Études en cours, suivi des accès (risque pour ~20 maisons) |
| Bois de Cise - route des Mouettes | À 6 mètres du bord après deux éboulements | Interdiction >3,5 t, circulation en demi-chaussée, accès au square limité |
| Digue 83 | Besoin de prolongation | Prolongation envisagée sur 120 mètres par enrochement |
À Ault, le front de falaise n’est pas seulement un paysage spectaculaire : il est devenu un enjeu concret de sécurité et d’aménagement. L’échange avec le préfet doit permettre d’accélérer les réponses techniques et financières ; pour les habitants, il s’agit d’être informés et préparés tant que les travaux ne sont pas achevés.