Un projet scolaire qui transforme une recherche en rencontre
Pendant une année entière, une dizaine d'élèves de 3e du collège Victor-Duruy, à Châlons-en-Champagne, se sont plongés dans les archives et les témoignages pour reconstituer le destin de déportés de la Shoah. L'un des récits étudiés est celui de Rosa Krimolovski, dite Rosette, déportée à Auschwitz à l'âge de 13 ans. Ce travail de mémoire, mené par ces collégiens, culminera par un déplacement à Londres où ils vont rencontrer la survivante.
Le parcours des élèves mêle recherches documentaires et exploitation de matériaux sonores et visuels. Ils ont consulté photos, documents administratifs et vidéos, jusqu'à retrouver une preuve de vie : une séquence diffusée au Royaume-Uni à l'occasion du 80e anniversaire de la libération d'Auschwitz, dans laquelle Rosette apparaît.
Un apprentissage de l'histoire appliqué
Pour ces jeunes, l'exercice n'est pas que scolaire. Plusieurs d'entre eux, comme Linoa, ont choisi d'utiliser cette enquête pour l'oral du brevet. Au fil des semaines, le groupe a reconstitué les étapes de la biographie de Rosette, mettant en lumière le sort de sa famille et le fonctionnement des dispositifs de déportation en France.
« Il ne faut pas oublier ce qui s'est passé. C'est très grave et très important. »
Cette phrase, prononcée par une élève impliquée dans le projet, résume la motivation collective derrière ce travail de mémoire : comprendre pour transmettre.
Les faits retrouvés par les collégiens
Le travail mené a permis d'établir plusieurs points précis de la trajectoire familiale :
- Rosette est née le 3 septembre 1930 à Paris.
- Les parents ont été arrêtés en 1942 et n'ont pas survécu à la déportation.
- La fillette, recueillie un temps par sa grand-mère, a ensuite été arrêtée avec sa sœur ; toutes trois ont transité par Drancy.
- Le départ vers Auschwitz a eu lieu le 31 juillet 1944, lors du convoi connu sous le numéro 77.
| Événement | Date |
|---|---|
| Naissance de Rosette | 3 septembre 1930 |
| Arrestation des parents | 1942 |
| Départ vers Auschwitz (convoi 77) | 31 juillet 1944 |
Ces éléments factuels, consignés par les collégiens, ont servi de base à des restitutions orales et écrites au sein de l'établissement. Le projet illustre comment un collège de province peut investir des archives pour donner une voix aux victimes et favoriser la transmission historique.
Conséquences locales : mémoire, éducation et lien international
Au-delà de l'expérience pédagogique, le déplacement à Londres est symbolique : il met en relation directe des jeunes Chalonnais et une survivante dont l'existence témoigne de l'histoire européenne. Pour la communauté éducative du collège Victor-Duruy, cette rencontre représente un aboutissement et un levier pour sensibiliser plus largement, au sein de la ville, les prochaines générations à la nécessité de garder vivante la mémoire de la Shoah.
À Châlons-en-Champagne, ce type d'initiative renforce la place de l'enseignement de l'histoire dans les pratiques scolaires et invite familles et institutions locales à soutenir les parcours mémoriels engagés par les élèves.