Le tribunal correctionnel a rendu son verdict dans le dossier de l’accident qui avait coûté la vie à deux adolescents à Lyon, le 22 août 2022. Au volant d’une ambulance privée, un homme de 40 ans avait percuté Iris, 15 ans, et Warren, 17 ans, qui circulaient à deux sur une trottinette électrique. Les deux jeunes avaient été mortellement touchés.
Une voie autorisée, mais une vitesse jugée excessive
La scène s’était déroulée sur une voie réservée aux bus, aux vélos et aux trottinettes. L’ambulance, engagée pour une intervention, était autorisée à y circuler. Mais le tribunal a retenu une vitesse excessive au regard des circonstances et des autres usagers présents sur cet axe.
À l’audience, la procureure avait insisté sur le comportement du conducteur et sur les limites de son droit de priorité. Selon elle, il devait adapter sa conduite à la situation rencontrée sur la voie. Elle avait dénoncé un manque de prudence et de mesure dans l’utilisation de cette priorité, en estimant que la conduite du professionnel avait exposé les autres usagers à un danger.
Une peine de cinq ans, dont une année ferme
Reconnu coupable d’homicide involontaire, l’ambulancier a été condamné à cinq ans de prison, dont un an ferme. Cette partie ferme pourrait être exécutée sous bracelet électronique. La décision prévoit également l’annulation de son permis de conduire, avec l’interdiction de le repasser pendant sept ans.
Le tribunal lui a en outre interdit définitivement d’exercer le métier d’ambulancier. La procureure avait requis une annulation du permis pour dix ans, soit la durée maximale prévue, ainsi qu’une sanction pénale à la hauteur de la gravité des faits.
- Victimes : Iris, 15 ans, et Warren, 17 ans
- Date de l’accident : 22 août 2022, à Lyon
- Décision : cinq ans de prison, dont un an ferme
- Mesures complémentaires : permis annulé et interdiction définitive d’exercer comme ambulancier
Les familles veulent poursuivre leur combat
À la sortie de l’audience, la mère de Warren a estimé que la sanction restait insuffisante.
« On trouve que la peine, elle est quand même légère », a-t-elle déclaré. Avec la mère d’Iris, elle s’est mobilisée durant toute l’enquête et a annoncé vouloir continuer à agir pour que les comportements dangereux sur la route soient plus sévèrement sanctionnés.
Le dossier intervient alors que les règles pénales ont évolué. Depuis 2025, les accidents routiers les plus graves peuvent être qualifiés d’« homicide routier ». Dans cette affaire jugée mardi, la procédure concernait toutefois des faits d’homicide involontaire commis au moment de l’accident, survenu avant cette évolution législative.