Un casse d'envergure jugé au tribunal correctionnel
Le tribunal correctionnel de Nanterre a examiné le 15 septembre 2026 le dossier d'un vol opéré dans la nuit du 20 avril 2025 sur le site de l'Agence générale des équipements et produits de santé (Ageps). Six hommes étaient poursuivis après un cambriolage qui a visé des stocks de médicaments anticancéreux destinés aux établissements hospitaliers.
Les magistrats ont prononcé des peines s'étendant de un à huit ans de prison ferme, la sanction la plus lourde visant le présumé instigateur, identifié comme Abdessamad C., âgé de 30 ans. Selon l'enquête, il aurait coordonné l'opération depuis la prison de Fleury-Mérogis.
« organisé le casse depuis sa cellule »
Les éléments de procédure exposés à l'audience dessinent une affaire planifiée et techniquement préparée : la nuit du vol, trois individus vêtus de noir ont franchi un mur, forcé plusieurs accès et utilisé chariots et transpalettes pour charger les produits. Les enquêteurs estiment la valeur des médicaments emportés à 454 000 €. L'ouverture des chambres froides a par ailleurs rendu inutilisables d'autres traitements, le préjudice pour les stocks atteignant 2,1 millions d'euros.
Deux jours après le vol, plusieurs membres du groupe ont tenté un retour sur le site mais ont été mis en fuite par l'alarme. Des traces d'ADN relevées dans une fourgonnette ont contribué à l'identification d'au moins certains protagonistes. À ce stade de l'instruction, les destinataires finaux des médicaments volés n'ont pas été formellement établis.
Conséquences pour l'AP-HP et les patients
Trois condamnés ont été condamnés à rembourser le préjudice à l'AP-HP, victime directe du casse. Au-delà des chiffres, c'est la vulnérabilité des circuits d'approvisionnement et de conservation des médicaments sensibles qui est mise en lumière : l'ouverture des chambres froides a compromis des traitements dont la conservation est cruciale pour leur efficacité.
- Date du vol : 20 avril 2025
- Valeur des médicaments emportés : 454 000 €
- Traitements rendus inutilisables : 2,1 M€
- Peines prononcées : de 1 à 8 ans de prison ferme
Les répercussions locales se mesurent à plusieurs niveaux : la gestion des stocks hospitaliers, l'organisation de la sécurité des sites pharmaceutiques et la nécessité pour les autorités sanitaires de protéger des produits à très forte valeur thérapeutique. Les magistrats ont ainsi cherché à traduire en peine la gravité du préjudice financier et sanitaire.
| Éléments | Chiffres |
|---|---|
| Médicaments volés | 454 000 € |
| Médicaments détruits | 2,1 M€ |
| Peines | 1 à 8 ans |
Le dossier illustre enfin les nouvelles difficultés d'investigation : des échanges sur des réseaux sociaux ont permis de remonter jusqu'au commanditaire présumé, tandis que des traces ADN matérielles ont conforté l'identification des exécutants. La justice a tranché sur la base des éléments présentés ; l'enquête sur l'ensemble des ramifications du trafic et sur les destinataires finaux des traitements demeure ouverte.