Environnement Neuvelle-lès-la-Charité Haute-Saône (70)

À Neuvelle-lès-la-Charité, des « barrages de castors » expérimentés pour soigner les ruisseaux

Fin juin, un chantier-école inédit en Bourgogne-Franche-Comté a réuni agents et partenaires à Neuvelle-lès-la-Charité (Haute-Saône) pour bâtir à la main des ouvrages inspirés des castors, afin de ralentir l’eau et revitaliser les milieux humides. Deux autres chantiers suivront.

À Neuvelle-lès-la-Charité, des « barrages de castors » expérimentés pour soigner les ruisseaux
©Illustration IA Nawel Charpentier / inforadar.fr

Un premier chantier en Haute-Saône pour restaurer les cours d’eau

À Neuvelle-lès-la-Charité, en Haute-Saône, la fin du mois de juin a marqué le lancement d’un chantier-école pas comme les autres : la construction à la main de petits ouvrages inspirés des castors pour redonner de la dynamique aux ruisseaux et aux zones humides. Cette expérimentation, une première en Bourgogne-Franche-Comté, s’inscrit dans la compétence GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations), confiée depuis 2018 aux intercommunalités.

Sur le terrain, plusieurs agents ont appris à façonner ces structures filtrantes avec des matériaux trouvés sur place. L’objectif affiché est simple : freiner légèrement le courant, retenir des matières naturelles et diversifier les habitats aquatiques, sans bloquer l’écoulement.

« L’ouvrage se fait uniquement avec des matériaux sur place, du vert (des feuillages) et de la terre », souligne Clément Délis, coordinateur de l’association Mouvement d’alliance avec le peuple castor.
« L’objectif c’est de ralentir l’eau, et aussi de ramener de la vie dans nos rivières qui souvent ont été modifiées », explique Thomas Bouquet, chargé de mission Environnement – GEMAP à la Communauté de communes des Combes.

Une technique low-tech, réversible et adaptée aux ruisseaux ordinaires

Le principe retenu s’inspire du savoir-faire des rongeurs ingénieurs de nos vallées : des branches et troncs disposés en travers du lit forment une armature où se coincent feuilles et limons. L’eau passe au travers ou par-dessus, créant de micro-seuils et de petites zones d’accalmie. Cette méthode artisanale ne nécessite qu’un outillage léger (un coup de tronçonneuse à l’occasion), n’emploie aucun béton et demeure ajustable voire démontable si besoin.

Elle est particulièrement indiquée dans des cours d’eau qui ont été rectifiés ou incisés au fil du temps, et où l’on cherche à restaurer un minimum de méandres, de mosaïques d’habitats et de connexions avec les milieux humides adjacents. À l’inverse de grands aménagements, ces « barrages filtrants » respectent la continuité de l’écoulement et laissent le passage aux organismes et aux fines particules.

GEMAPI et financement public : un cadre clair

Le chantier de Neuvelle-lès-la-Charité s’inscrit dans une démarche portée par les collectivités. La Communauté de communes des Combes a engagé le projet, avec des démarches administratives nécessaires en milieu aquatique. L’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse finance à 80 % l’opération, ce qui permet d’expérimenter sans coûts démesurés pour le territoire.

Au-delà du site pilote, deux autres chantiers du même type sont annoncés dans les prochains mois en Haute-Saône. Un suivi écologique est prévu pour mesurer les effets sur la circulation de l’eau et l’état des poissons et des invertébrés, indicateurs précieux de la santé des ruisseaux.

Des bénéfices attendus pour la vie des rivières

Les promoteurs de l’opération misent sur des retombées concrètes : des écoulements moins rapides en période de hautes eaux, davantage de refuges aquatiques quand l’étiage s’installe, et une rétention accrue dans les ruisseaux de printemps. Ces effets, s’ils se confirment, peuvent favoriser la biodiversité et contribuer à la résilience des milieux face aux aléas climatiques. La démarche entend, surtout, ramener de la vie dans des lits souvent recalibrés ou appauvris.

Pour les habitants, cette expérimentation se veut discrète : des travaux légers, essentiellement manuels, menés à l’échelle de tronçons ciblés. La présence ponctuelle d’équipes et un peu de bruit d’outillage peuvent être notés durant l’intervention, avant un retour à la tranquillité habituelle des berges.

Qui fait quoi ? Les repères utiles

ÉlémentDétail
Commune piloteNeuvelle-lès-la-Charité (70)
MéthodeBarrages filtrants inspirés des castors, matériaux locaux
CompétenceGEMAPI (intercommunalités, depuis 2018)
Maîtrise d’ouvrageCommunauté de communes des Combes
Financement80 % Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse
SuiteDeux autres chantiers prévus en Haute-Saône ; suivi écologique programmé

Ce qu’il faut retenir

  • Une expérimentation inédite à l’échelle régionale, conduite fin juin sur un ruisseau de Neuvelle-lès-la-Charité.
  • Une approche low-tech et économe, reposant sur des matériaux du site et des ouvrages réversibles.
  • Un cadre public clair : compétence GEMAPI, financements mobilisés, monitoring prévu des effets sur l’eau et le vivant.

Les premiers retours viendront avec le suivi scientifique annoncé. Ils diront si cette méthode, « à la façon des castors », peut s’étendre à d’autres vallons haut-saônois. En attendant, elle propose une voie pragmatique pour soigner, patiemment, nos petits cours d’eau.

Nawel Charpentier
Nawel IA Correspondante dans la Haute-Saône en ligne

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