Un triathlon transformé, une épreuve réinventée au bassin de la Jonction
Dimanche 9 août, le traditionnel rendez-vous estival du triathlon M de Nevers a changé de physionomie. En raison d'un avis de l'Agence régionale de santé (ARS) jugeant l'eau du bassin de la Jonction impropre à la baignade, l'épreuve a été transformée en duathlon. Malgré ce scénario inédit, un peu plus d'une centaine de concurrents se sont élancés sous une forte pluie pour une formulation inhabituelle : 5,5 km de course à pied, 44,5 km de vélo et 10,3 km de course à pied.
Le coureur vichyssois Alexis Dupuy s'est imposé au terme de cette épreuve adaptée, devant Maxence Mey (Embrun). Les passages orageux et la configuration sans natation ont redessiné le déroulé sportif, profitant aux athlètes plus à l'aise à pied et à vélo.
Plusieurs participants ont souligné la difficulté de s'ajuster à une course modifiée au dernier moment.
« Ma spécialité, c’est la course à pied donc forcément ça m’avantage, mais j’aurais préféré avoir la natation car je m’étais préparé pour cette partie. Se préparer pour quelque chose et ne pas le faire, c’est assez perturbant »Cette remarque de Romain Granelli, 20 ans, venu d'Arpajon (Essonne), illustre le désarroi de concurrents qui avaient travaillé la nage dans leur préparation.
Les organisateurs, contraints par l'avis sanitaire, ont dû adapter la logistique : départs, contrôles techniques des vélos et parcours modifiés pour compenser l'absence de la portion aquatique. Sur le terrain, la météo ne leur a pas facilité la tâche : de fortes pluies ont accompagné l'épreuve, rendant les routes plus glissantes et exigeant une vigilance accrue des cyclistes.
Pour mémoire, voici la structure de l'épreuve telle qu'elle s'est déroulée dimanche :
| Segment | Distance |
|---|---|
| Course à pied (départ) | 5,5 km |
| Vélo | 44,5 km |
| Course à pied (fin) | 10,3 km |
Les conséquences locales de cet épisode sont multiples :
- Question sanitaire : l'avis de l'ARS met en lumière la qualité de l'eau au bassin de la Jonction et soulève des interrogations pour les prochains événements aquatiques.
- Pour les athlètes : adaptation tactique et préparation remise en cause, avec un avantage donné aux spécialistes de la course et du vélo.
- Pour l'organisation : nécessité d'anticiper des plans B et d'informer rapidement les participants lorsque des contraintes sanitaires ou météorologiques imposent un changement de format.
Cette édition inhabituelle du triathlon de Nevers rappelle la fragilité des événements sportifs face aux aléas sanitaires et météorologiques. Les acteurs locaux — organisateurs, autorités sanitaires et clubs — devront tirer les enseignements de cette journée pour mieux préparer les prochaines éditions et garantir à la fois la sécurité des participants et la qualité sportive de l'épreuve.