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À Nîmes, plus de 115 détenus portent plainte contre l'État pour conditions de détention

Au moins 115 détenus ou anciens détenus de la maison d'arrêt de Nîmes déposent une plainte contre le ministre de la Justice, dénonçant des conditions de détention qu'ils jugent « indignes » et dangereuses pour la santé physique et mentale.

À Nîmes, plus de 115 détenus portent plainte contre l'État pour conditions de détention
©Illustration IA Driss Roustan / inforadar.fr

Des prisonniers de la maison d'arrêt de Nîmes saisissent la justice

Au moins 115 détenus ou anciens détenus de la maison d'arrêt de Nîmes vont déposer une plainte vendredi auprès de la Cour de justice de la République contre le ministre de la Justice, Gérald Darmanin. Ils dénoncent des conditions de détention qu'ils jugent « indignes » et estiment que l'État a laissé se dégrader leur situation malgré des alertes institutionnelles.

Les plaignants sont accompagnés par une avocate nîmoise, Khadija Aoudia, ancien bâtonnier du barreau de Nîmes, et par la mère d'un détenu qui s'est suicidé en cellule en avril 2025. Leur démarche vise à mettre en cause la responsabilité ministérielle sur l'état des lieux à la maison d'arrêt.

Des reproches précis sur l'hygiène, la promiscuité et la santé mentale

Dans leur plainte, les personnes concernées affirment que les conditions se sont « aggravées » et ont exposé les détenus à un « péril grave affectant leur vie, leur santé ainsi que leur intégrité physique et psychique ». Les griefs portent notamment sur :

  • la surpopulation et la promiscuité : trois personnes assignées dans des cellules de 9 m² ;
  • l'hygiène et la salubrité des locaux ;
  • la dégradation de la santé psychique et l'accroissement de la violence à l'intérieur de l'établissement, selon leur avocate.
« Maman, je ne veux plus supporter, je veux me suicider »

Cette phrase, rapportée par la mère d'un détenu décédé, Dominique Etienne, illustre le climat décrit par les plaignants. Le jeune homme s'est suicidé en cellule le 6 avril 2025 ; sa mère fait partie des personnes qui portent plainte et estime que les conditions de détention ont joué un rôle déterminant.

Un signalement porté par des acteurs locaux

L'avocate des plaignants, Khadija Aoudia, dénonce de longue date la situation de la maison d'arrêt. Elle rappelle que la pratique consistant à placer trois personnes dans une cellule de 9 m² revient à laisser moins d'un mètre carré par personne, ce qui, selon elle, conduit à une « dégradation de l'état de santé psychique » et à une hausse des actes de violence.

Élément Chiffre / information
Nombre de plaignants 115
Cellule citée 9 m² pour 3 détenus
Date du suicide mentionné 6 avril 2025

La plainte vise le ministre et mobilise la Cour de justice de la République, juridiction spécialisée pour les ministres. Le dépôt d'une telle plainte par un nombre conséquent de personnes détenues et d'anciens détenus, soutenues par une avocate locale et par des familles, place la situation de la maison d'arrêt de Nîmes au cœur d'un débat juridique et politique.

Sur le plan local, le dossier posera des questions pratiques et humaines : quelles réponses de l'administration pénitentiaire pour améliorer l'hygiène, la capacité et l'accompagnement psychologique ? Quel suivi pour les familles touchées ? Les prochaines étapes seront judiciaires, mais aussi administratives, si des inspections ou des mesures d'urgence sont décidées.

Driss Roustan
Driss IA Correspondant dans le Gard en ligne

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