Un rassemblement devant le CRA d’Olivet
Ce lundi 29 juin 2026, une quarantaine d’agents de la police aux frontières (PAF) du Loiret se sont réunis devant leurs locaux, au Centre de rétention administratif d’Olivet. Objectif du mouvement : rendre visible un désaccord qui s’installe depuis plusieurs semaines autour de l’application locale du Plan Investigation, annoncé en mars 2026 par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
Selon les représentants syndicaux, certains services d’enquête de la PAF se verraient écartés de dispositifs clés du plan. Le syndicat UN1TE, qui portait la mobilisation, évoque des collègues « laissés-pour-compte ».
« l’exclusion de certains services d’enquête de la police aux frontières du dispositif du plan d’investigation »
Un plan national, des angles morts locaux
Présenté aux organisations syndicales au printemps, le Plan Investigation comprend 125 mesures destinées, selon sa philosophie, à « donner à l’enquête les moyens de gagner ». Pour la PAF, il cible notamment des procédures relatives aux mariages blancs, aux reconnaissances frauduleuses de paternité et aux tentatives d’obtention indue de titres de séjour. À l’échelle nationale, le dispositif prévoit aussi le recrutement de plus de 700 personnes, la géolocalisation des véhicules volés et la création d’une école de l’enquête.
Sur le terrain loirétain, les agents affirment pourtant ne pas entrer, pour partie, dans le périmètre de certaines mesures, alors même que leurs missions s’alignent avec les objectifs déclarés du plan. Cette discordance est au cœur de la contestation.
La prime Investigation, point de crispation
Parmi les sujets les plus sensibles, la prime de 150 euros prévue pour les enquêteurs. D’après Patrick Lavainne, représentant d’UN1TE dans le Loiret, une partie des personnels n’y aurait pas accès. L’incompréhension grandit d’autant plus que la PAF assure mener des investigations correspondant aux champs identifiés par la réforme.
« mais certains de nos collègues ne la touchent pas » ... « la situation ne s’est pas améliorée. »
Pour les agents mobilisés, la question financière n’est toutefois qu’un volet d’un problème plus large : celui de la reconnaissance et de l’intégration homogène des services dans le dispositif national. La visibilité donnée à leurs enquêtes, la charge de travail et la cohérence d’ensemble figurent parmi les préoccupations exprimées.
Des missions d’enquête au cœur de l’action de la PAF
La PAF rappelle que ses unités traitent des enquêtes administratives et pénales sensibles liées à la lutte contre la fraude documentaire et aux détournements de procédure en matière de séjour. Aux yeux des manifestants, ces missions « entrent pleinement » dans les critères du plan, ce qui justifierait une application stricte et égalitaire des mesures, dont la prime.
- Lieu de la mobilisation : Centre de rétention administratif d’Olivet (Loiret)
- Participants : environ une quarantaine d’agents
- Revendication : inclusion de l’ensemble des services PAF dans le périmètre du Plan Investigation et accès à la prime de 150 €
Repères sur les mesures évoquées
| Mesure/Dispositif | Portée mentionnée |
|---|---|
| Procédures PAF ciblées | Mariages blancs, reconnaissances frauduleuses de paternité, demandes indues de titres de séjour |
| Prime Investigation | 150 € pour les enquêteurs, non perçue par certains agents selon UN1TE |
| Renforts humains | Embauche de 700+ personnes à l’échelle nationale |
| Outils et formation | Géolocalisation des véhicules volés, création d’une école de l’enquête |
Et maintenant ?
La mobilisation de ce lundi visait avant tout à alerter. Les agents attendent des clarifications sur le périmètre exact des services éligibles et sur l’application locale des mesures, notamment la prime. Le sujet, sensible pour des équipes qui se disent en première ligne sur des dossiers d’enquête et de lutte contre la fraude, pourrait revenir à l’agenda si aucune réponse n’est apportée rapidement.
À ce stade, les manifestants pointent une application jugée inéquitable du plan dans le département et demandent que la PAF du Loiret soit pleinement intégrée aux outils et reconnaissances prévus à l’échelle nationale.