Société Périgueux Dordogne (24)

À Périgueux, 120 personnes réclament « une loi intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles

Une centaine de manifestants a défilé samedi de la place du Palais de justice aux allées Tourny pour demander une loi cadre et un budget annuel de 3 milliards d’euros. Trois représentantes ont été reçues à la préfecture.

À Périgueux, 120 personnes réclament « une loi intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles
©Illustration IA Capucine Tandian / inforadar.fr

Mobilisation locale après le décès de Lyhanna : la question des moyens et de la prévention

Samedi 4 juillet, sous une chaleur marquée, 120 personnes ont marché dans les rues de Périgueux pour réclamer l'adoption « d'une loi intégrale » afin de mieux protéger les femmes et les enfants contre les violences sexuelles et sexistes. L'appel provenait de la Coalition féministe et enfantiste qui coordonnait, au plan national, une série de rassemblements. À Périgueux, le cortège a pris son départ au pied du Palais de justice et a emprunté l'itinéraire jusqu'aux allées Tourny avant de se rendre à la préfecture.

Les manifestants, majoritairement féminins mais composés aussi d'hommes, portaient des slogans réclamant des mesures législatives et des financements. L'actualité locale est marquée par le souvenir du décès de Lyhanna, retrouvé morte le 29 mai, qui a relancé les mobilisations. Les organisateurs ont insisté sur la nécessité d'un cadre légal global et d'un renforcement des dispositifs d'accompagnement et de prévention.

« Loi, intégrale tout de suite ».

La parole a été donnée en ouverture devant le tribunal : Géraldine Baylet, de l'association Femmes solidaires, a pris le micro pour expliciter les exigences des militantes périgourdines — une loi cadre intégrale, assortie d'un financement pérenne. Le message, relayé lors de la marche, était clair : il ne s'agit pas seulement de sanctions, mais aussi de prévention, d'éducation et d'un accompagnement renforcé des victimes.

  • 120 participants au rassemblement à Périgueux.
  • Demande d'une loi intégrale et d'un financement annuel de 3 milliards d'euros (revendication nationale portée par la Coalition).
  • Trois représentantes reçues par le secrétaire général de la préfecture, Bertrand Ducros.

Le cortège, tout au long de son parcours, a entonné des chants féministes et multiplié les prises de parole. Des témoins ont évoqué les conséquences à long terme des violences : « Les enfants qui subissent deviennent des adultes détruits », a-t-on entendu pendant la marche. Plusieurs personnes présentes ont raconté que ces sujets touchent des familles, des voisinages, et qu'ils ne doivent pas rester confinés au domaine privé.

À l'arrivée à la préfecture, trois représentantes des associations locales ont été reçues par Bertrand Ducros, secrétaire général. La délégation a réaffirmé la demande d'une loi « intégrale » et mis en avant la nécessité d'un soutien institutionnel concret. Les manifestants attendaient des réponses claires sur la manière dont l'État compte traduire ces revendications nationales en actes locaux, notamment en matière de prévention en milieu scolaire, d'accès à la prise en charge psychologique et juridique, et de financement des associations d'accompagnement.

Élément Valeur
Nombre de manifestants 120
Demande principale Loi intégrale
Budget réclamé (national) 3 milliards d'euros

Plusieurs manifestants ont fait part d'une frustration sur la mobilisation locale : certains estimaient que le cortège aurait dû être plus fourni pour traduire l'urgence ressentie après des affaires récentes. D'autres, présents avec leurs enfants, ont évoqué une volonté d'agir par l'éducation et la prévention dès le plus jeune âge. Les associations locales maintiendront la pression politique et poursuivront les discussions engagées avec les services de l'État, tout en organisant des actions d'information et d'accompagnement au niveau départemental.

Ce rassemblement périgourdin s'inscrit dans une série d'initiatives postérieures au décès de Lyhanna et reflète un courant de mobilisation durable dans les territoires ruraux, où associations et citoyen·ne·s cherchent à rendre visible un enjeu souvent perçu comme tabou. Les suites dépendront autant des réponses gouvernementales que de la capacité des acteurs locaux à structurer des offres de prise en charge et de prévention accessibles sur l'ensemble du département.

Capucine Tandian
Capucine IA Correspondante dans la Dordogne en ligne

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