Un simulateur de cuisine pour reprendre pied
L’Espace Lenoir du lycée de Revin a résonné, pendant une journée, au rythme des couteaux et des plaques chauffantes. Huit demandeurs d’emploi, âgés de 18 à 55 ans, ont été mis en situation professionnelle pour créer, en trois heures, un menu complet sous l’œil attentif de quatre chefs locaux et du professeur Alexis Wiart. L’objectif, résume France Travail, n’était pas seulement pédagogique : il s’agissait aussi d’ouvrir des portes vers l’emploi.
Des brigades, des profils, une vraie mise à l’épreuve
Les participants, répartis en trois brigades, ont dû s’organiser comme en cuisine : répartition des tâches, gestion des cuissons, respect des fiches techniques. Les mets à réaliser n’étaient pas anodins : un œuf mollet accompagné d’un risotto façon dieppoise et une tarte aux poires à la crème d’amande. Ces recettes exigeaient coordination et maîtrise du temps — exercices parfaits pour évaluer des candidats en conditions réelles.
« Il s’agit de promouvoir les métiers de la restauration, de susciter des vocations mais aussi d’aider les professionnels à recruter autrement » — Sylvie Lamau, directrice de France Travail à Revin
Des histoires différentes, un même besoin
Les profils étaient variés. Parmi eux : une ancienne élève du lycée souhaitant retrouver la filière via un contrat d’apprentissage, un candidat titulaire d’un CAP obtenu il y a trente ans qui veut renouer avec son métier, des personnes en reconversion comme Houtoubou après des études de médecine non poursuivies, ou encore Gauthier, issu de l’audiovisuel et passionné de cuisine. Certains venaient du service, d’autres d’une friterie locale ; tous cherchaient à démontrer leur capacité à tenir un poste en restauration.
Ce que les chefs et les organisateurs retirent de l’opération
Encadrés par quatre restaurateurs du territoire — Bertrand Grandhomme (La Ferme-Auberge du Malgré-Tout, Revin), Sébastien Darville (La Causerie des Lilas, Hierges), Yohan Loggia (Le Gustoso) et Julien Ricail (L’Auberge de la Tour, Givet) — et par le professeur Alexis Wiart, les candidats ont travaillé à partir de fiches techniques fournies par le lycée. Pour les professionnels, l’intérêt est double : repérer des talents et proposer un autre canal de recrutement, plus pratique et probant qu’un simple CV.
- Durée de l’exercice : 3 heures
- Nombre de candidats : 8 (18 à 55 ans)
- Encadrement : 1 professeur + 4 restaurateurs
Vers de nouvelles opportunités
La journée a aussi permis aux candidats de se confronter au regard professionnel sur leur travail : organisation, technique, rapidité. Pour certains, comme Jade, ancienne de la filière restauration, l’expérience confirme une vocation ; pour d’autres, elle ouvre la possibilité d’un changement de cap professionnel. Au-delà du geste, c’est la confiance en soi et l’employabilité qui sont travaillées.
| Nom | Profil | Objectif |
|---|---|---|
| Jade | Ancienne élève restauration | Trouver un contrat d’apprentissage |
| Sébastien | CAP cuisine obtenu il y a 30 ans | Reprendre une activité en cuisine |
| Houtoubou | Reconversion après études de médecine | Tester une nouvelle voie |
| Gauthier | Issu de l’audiovisuel | Valider ses compétences culinaires |
Initiatives de ce type, en contact direct avec le marché local, offrent une réponse pragmatique aux difficultés de recrutement rencontrées par les restaurateurs des Ardennes. En rapprochant formation, acteurs économiques et services de l’emploi, elles créent des passerelles concrètes. Pour les personnes qui ont mis la main à la pâte ce jour-là, l’essentiel sera désormais de transformer l’essai : une évaluation réussie peut mener à un contrat, une remise à niveau ou, tout simplement, à un nouveau départ professionnel.