Un chantier stratégique aux portes de Monaco
À Roquebrune-Cap-Martin, sur l’ancienne base aérienne, le projet Cœur de Carnolès change d’échelle. Le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, est venu constater l’avancée d’un programme qui incarne un urbanisme plus sobre et socialement utile : 363 logements au total, dont 150 logements sociaux, une école de 420 élèves, des commerces, des services et des bureaux, le tout dans plus de 7 000 m² d’espaces verts. Échéance annoncée : 2032.
« Ici, on investit sur l’avenir » … « Les bâtiments seront bioclimatiques. La mise en œuvre d’énergies renouvelables décarbonées permettra de couvrir à hauteur de 80 % les besoins des usagers. »
La visite a également servi de cadre à la présentation, par l’État, de son action en matière de logement dans le département. Un signal politique adressé à un littoral sous pression immobilière où l’accès à l’habitat et l’adaptation climatique sont devenus des priorités publiques.
Bioclimatisme et énergies décarbonées
L’architecture annoncée mise sur la performance passive et la production locale. Le quartier doit conjuguer bâti bioclimatique, géothermie et panneaux solaires. Objectif affiché : couvrir jusqu’à 80 % des besoins énergétiques des usagers par des énergies renouvelables. À l’échelle d’un îlot urbain, cette ambition place le programme parmi les opérations pionnières de la Côte d’Azur en matière de sobriété énergétique.
La conception des espaces extérieurs privilégie une palette végétale méditerranéenne peu consommatrice d’eau. Les 7 000 m² de verdure projetés doivent participer à la lutte contre les îlots de chaleur, enjeu devenu central avec la répétition des épisodes de canicule.
Mixité d’usages et services de proximité
Le futur quartier se veut mixte, associant habitat, activités et services, pour limiter les déplacements et animer la vie de proximité. Commerces, bureaux et équipements publics sont intégrés dès la conception afin de créer un pôle de services à l’échelle du secteur de Carnolès, tout en renforçant l’offre en logements, notamment abordables, à proximité immédiate de la Principauté.
- Logement : 363 unités, dont 150 à vocation sociale.
- Commerces et bureaux : intégrés au cœur d’îlots pour soutenir l’activité locale.
- Espaces verts : plus de 7 000 m², avec végétation adaptée au climat.
Une école pensée pour les étés plus chauds
Au fond du site, les premiers murs sortis de terre annoncent l’arrivée de l’école. Elle doit accueillir 420 élèves dans des salles à confort thermique renforcé, dimensionnées pour supporter des pics de chaleur plus fréquents. L’établissement prévoit une classe Ulis, afin d’améliorer l’accessibilité et l’inclusion des élèves en situation de handicap, et s’inscrit dans la logique de services « à distance piétonne » des futurs habitants.
Biodiversité et cadrage de l’État
La ville indique avoir travaillé avec les services de l’État, en particulier la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), pour cadrer les enjeux de préservation de la biodiversité et d’aménagement durable. La transformation d’une friche aérienne en quartier habité s’accompagne ainsi de prescriptions environnementales, de choix de végétaux adaptés et de dispositifs visant à limiter l’empreinte du chantier.
Calendrier et repères clés
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Logements totaux | 363 |
| Logements sociaux | 150 |
| École | 420 élèves + classe Ulis |
| Espaces verts | 7 000 m²+ |
| Couverture énergétique | 80 % via renouvelables |
| Horizon | 2032 |
Le calendrier complet des livraisons intermédiaires n’a pas été détaillé lors de la visite. Les premières élévations sur la partie scolaire confirment toutefois l’entrée en phase active du chantier.
Un levier pour l’offre locale
Dans une commune où la proximité de Monaco tend le marché, l’arrivée de 150 logements sociaux constitue un levier notable pour accueillir familles et actifs et dynamiser la vie locale. En articulant habitat, services et espaces publics ombragés, l’opération ambitionne de répondre à la fois à l’urgence climatique et au manque de logements accessibles. La réussite passera par la tenue du calendrier, la qualité d’usage au quotidien et l’intégration urbaine d’un site appelé à devenir un nouveau repère de l’est de la Riviera française.