Contrôles massifs et constats précis
La DGCCRF a rendu publique une opération de contrôle conduite sur l'ensemble de la filière alimentaire en 2023, visant l'usage des signes officiels de qualité AOP et IGP. Près de 1 800 établissements ont été inspectés ; les investigations ont conduit à 71 procès-verbaux pour des faits tels que « usurpation d’une AOP », « pratique commerciale trompeuse » ou non-respect des cahiers des charges, et à 197 injonctions de mise en conformité (soit environ 11 % des contrôles).
Parmi les affaires citées dans le communiqué, deux dossiers ont abouti à une transaction pénale : un supermarché a été sanctionné pour avoir évoqué l’IGP « Veau du Limousin » sur des pièces n’y ayant pas droit, et un forain a été sanctionné pour annoncer des pruneaux d’Agen AOP alors qu’il n’en était pas.
Exemples locaux et pratiques observées
Les infractions relevées vont de la simple méconnaissance des règles à des pratiques délibérées d’usurpation. Le communiqué mentionne aussi des cas plus inattendus : une boulangerie déclarant utiliser du beurre Charentes-Poitou AOP alors que ce n’était pas le cas, et un agriculteur mentionnant des châtaignes d’Ardèche qui n’étaient pas celles prévues par le cahier des charges. Des importateurs et des grossistes ont également été mis en cause pour l’attribution de mentions AOP/IGP à des produits étrangers, et des restaurateurs pour l’ajout de la mention « AOP » sur des produits sans appellation reconnue afin de valoriser leur carte.
« Présenter des produits comme des produits AOP ou IGP alors qu’ils ne le sont pas, c’est tromper le consommateur. »
Conséquences pour les consommateurs et les professionnels
Pour les habitants d’Agen, ces fraudes portent atteinte à la valeur du pruneau d’Agen et, plus généralement, à la confiance dans les mentions de qualité. Les sanctions administratives et pénales visent à restaurer cette confiance, mais la DGCCRF souligne aussi que des erreurs viennent parfois d’un manque d’information ou de rigueur dans l’application des cahiers des charges.
Les professionnels de la filière sont invités à vérifier leurs approvisionnements, l’étiquetage et la communication commerciale. Les consommateurs peuvent, de leur côté, demander des justificatifs d’origine et signaler toute incohérence aux services de la répression des fraudes.
Chiffres essentiels
| Élément | Nombre |
|---|---|
| Établissements contrôlés | 1 800 |
| Procès-verbaux | 71 |
| Injonctions de mise en conformité | 197 (~11%) |
- Vérifier l’origine des produits (étiquettes, traçabilité).
- Signaler toute mention suspecte d’AOP/IGP aux services de la DGCCRF.
- Les professionnels doivent respecter les cahiers des charges ou s’exposer à des poursuites.
La lutte contre les usages abusifs des labels est un enjeu à la fois économique et culturel pour le Lot-et-Garonne : elle protège les revenus des producteurs et la réputation des produits locaux. À Agen, comme ailleurs, la vigilance des acteurs et des consommateurs reste nécessaire pour que les signes de qualité gardent leur sens et leur valeur.