Un chantier discret au cœur d’Agen
À l’abri des barnums installés boulevard Carnot, sous l’ancien cinéma Carnot, des fouilles archéologiques préventives menées par la société Eveha viennent d’apporter un éclairage utile sur l’évolution d’Agen entre périodes antique et médiévale. Dirigée par l’archéologue Théo Martin, l’opération s’est étendue sur plus de 20 mètres de long, dans un secteur où la connaissance archéologique restait lacunaire. Le public peut découvrir ces résultats lors d’une visite organisée ce jeudi, avant la fin de l’intervention prévue vendredi 3 juillet.
Comprendre l’imbrication des périodes
Le fil conducteur du chantier était clair : saisir comment se superposent les strates de la ville au fil des siècles. L’équipe a documenté des niveaux humides, avec une eau qui suinte par endroits. Un constat qui renforce l’hypothèse d’un terrain anciennement sujet aux crues, nécessitant des remblaiements pour bâtir.
« L’objectif était de comprendre comment ville antique et ville médiévale s’imbriquent »résume le responsable de l’opération. Selon lui, une partie de la ville antique, du côté du Parc Fallières jusqu’au lycée De Baudre, aurait pu être abandonnée rapidement en raison de crues récurrentes.
Carnot, une “ville sous la ville”
Le scénario local se précise sur le boulevard Carnot, où l’exploration révèle un sous-sol plus riche qu’escompté. L’« îlot 5 », aujourd’hui parking Carnot, avait connu dans les années 1980 des investigations qualifiées d’« expéditives ». Le chantier actuel, plus fin, met en lumière cette « ville sous la ville ». Les vestiges dégagés tracent une chronologie resserrée, avec des indices de réaménagements successifs et des occupations distinctes selon les périodes, sans découverte majeure mais avec un solide gain de connaissance pour les historiens locaux.
Un four médiéval, et non antique
Parmi les structures mises au jour, un four a retenu l’attention. D’abord pensé comme antique, il s’est finalement révélé médiéval après l’avis d’un spécialiste venu confirmer les hypothèses sur place. La sole en terre cuite permet d’affiner l’occupation des lieux à une période plus tardive que prévu. Cette requalification illustre le caractère évolutif d’un diagnostic archéologique lorsqu’il s’appuie sur des expertises croisées.
Une fenêtre courte ouverte au public
Une semaine d’arrêt due à la canicule a contraint le calendrier, mais les objectifs scientifiques ont été atteints. Les fouilles s’achèvent vendredi 3 juillet. Le chantier sera réouvert au public jeudi pour une présentation des principales structures visibles et de la méthodologie mise en œuvre. Dès le lundi 6 juillet, l’ensemble sera recouvert dans le cadre des obligations réglementaires liées aux travaux prévus sur la parcelle.
| Échéance | Contenu |
|---|---|
| Jeudi | Visite publique du chantier |
| Vendredi 3 juillet | Fin des fouilles |
| Lundi 6 juillet | Remise en état et recouvrement des vestiges |
Pourquoi cela compte pour Agen
Ces résultats, bien qu’ils ne constituent pas une « découverte majeure », enrichissent la compréhension de l’urbanisme agenaise. Ils affinent l’histoire des implantations autour de Carnot et confirment l’importance des contraintes hydrauliques dans l’occupation ancienne des sols. Ils soulignent aussi la maturité des pratiques actuelles : documentation précise, ouverture au public, et intégration des recherches dans la vie du chantier. Autant d’éléments qui permettent, demain, d’orienter les décisions d’aménagement avec un regard mieux informé sur la profondeur historique des lieux.
- Fouilles préventives sous l’ancien cinéma Carnot, dirigées par Théo Martin (Eveha).
- Requalification d’un four en structure médiévale après expertise.
- Visite publique jeudi ; fin des fouilles vendredi 3 juillet ; recouvrement à partir du lundi 6 juillet.