Une offensive estivale contre une présence accrue des rongeurs
Depuis le 15 juin, la municipalité d’Ajaccio a enclenché une campagne de dératisation d’ampleur. Objectif: installer jusqu’à 500 dispositifs d’appâtage afin d’enrayer une prolifération accentuée par la chaleur et une fréquentation touristique en hausse. Les services d’hygiène et de santé multiplient les interventions au ras du sol, dans les secteurs où les passages sont avérés, avec un message clair envoyé aux riverains: la lutte n’aboutira qu’avec une vigilance partagée face aux déchets et aux nourritures laissées dehors.
Comment fonctionnent les boîtes d’appâtage
Les agents municipaux fixent au sol de petites boîtes sombres, près des zones les plus exposées. À l’intérieur, un rodenticide attire l’animal qui entre par un tunnel au niveau du sol. Une fois la substance ingérée, l’effet se déclare en quelques jours, permettant de réduire progressivement la population ciblée. La méthode s’accompagne d’une adaptation régulière: les produits évoluent pour éviter que les rongeurs ne s’y accoutument. Comme l’indique le responsable communal de la dératisation, Didier Brancaleoni, l’équipe ajuste les appâts afin de
« combattre sa résistance ».
Des quartiers particulièrement ciblés
La cartographie de l’intervention recouvre un large éventail de lieux de vie, des abords littoraux aux artères très fréquentées, jusqu’aux faubourgs. Les opérations portent aussi bien sur le colmatage ou le traitement des terriers dans l’espace public que sur la pose systématique des boîtes d’appâtage.
| Secteurs concernés | Actions en cours |
|---|---|
| Route des Sanguinaires | Boîtes d’appâtage fixées au sol; traitement des terriers visibles |
| Parc Berthault | Déploiement de postes près des zones de passage |
| Vieille Ville | Pose en voirie et abords des espaces publics |
| Aspretto | Appâtage ciblé |
| Cours Napoléon | Interventions linéaires sur les trottoirs |
| Jusqu’à Mezzavia | Traitement des terriers et renforcement de l’appâtage |
Chaleur, déchets et habitudes: le trio qui nourrit le problème
Les rongeurs pullulent dans les réseaux souterrains des centres-villes. En été, la combinaison des fortes chaleurs et d’une consommation accrue liée aux flux touristiques crée un environnement favorable. Ce ne sont pas seulement les sous-sols qui posent question: ce qui attire surtout les rats, ce sont les ordures déposées au sol et les denrées accessibles en surface, en particulier en dehors des horaires de collecte. Les dépôts sauvages, bien que prohibés, installent durablement ces nuisibles dans le paysage urbain. La municipalité rappelle qu’une estimation dépassait les 100 000 individus en 2018 dans la cité, un volume qui illustre l’ampleur du défi.
Le rôle déterminant des habitants
La campagne municipale ne peut suffire sans gestes citoyens. Les équipes remarquent que des comportements bien intentionnés peuvent, sans le vouloir, soutenir la présence des rongeurs. Ainsi, les croquettes déposées pour les chats errants deviennent des ressources pour les rats, qui y puisent de quoi s’habituer aux poisons et contourner les efforts de dératisation. Les autorités invitent donc à revoir certaines pratiques quotidiennes.
- Respecter strictement les horaires de collecte et éviter tout dépôt au sol hors créneaux.
- Éviter de laisser de la nourriture à l’air libre, y compris pour les animaux errants.
- Signaler les points d’infestation observés afin de guider les équipes.
Une mobilisation qui s’inscrit dans la durée
Cette campagne, lancée début été, doit atteindre le cap des 500 boîtes « dans les semaines à venir ». Les passages seront concentrés sur les zones les plus affectées, avec une adaptation constante des appâts en fonction des retours de terrain. La période estivale reste stratégique: elle demande une présence accrue des équipes et une attention partagée des habitants, des commerçants et des visiteurs. Dans les ruelles de la vieille ville comme le long du cours Napoléon, le combat se joue à hauteur de trottoir. Les gestes quotidiens y font toute la différence: un sac sorti au mauvais moment, un reste de repas abandonné ou une poignée de croquettes suffisent à nourrir des colonies entières. À l’inverse, un quartier discipliné permet de refermer, peu à peu, la porte ouverte aux nuisibles.