Une révolution discrète mais déterminante pour la prise en charge locale
À l'hôpital de la Miséricorde d'Ajaccio, la chirurgie vasculaire connaît une transformation progressive qui modifie profondément la manière dont sont traitées certaines pathologies artérielles. Sous l'impulsion du Dr Arnaud Casanova, chef du service de chirurgie vasculaire et thoracique, de nombreuses interventions se réalisent désormais par voie endovasculaire, c'est‑à‑dire depuis l'intérieur des artères via de petites incisions au pli de l'aine.
Moins d'ouvertures, plus d'adaptations sur mesure
Autrefois, la réparation d'un anévrisme de l'aorte abdominale passait le plus souvent par une ouverture majeure de l'abdomen et le remplacement de la portion dilatée par une prothèse. Dorénavant, la tendance est à l'introduction d'une endoprothèse qui se déploie dans l'artère afin de protéger la zone fragilisée. L'équipe d'Ajaccio utilise aussi des endoprothèses dite « fenêtrées », conçues sur mesure pour tenir compte de l'anatomie du patient et permettre le passage des artères rénales, du tronc cœliaque ou de l'artère mésentérique.
Selon le service, cette activité sur mesure s'est réellement développée depuis quatre ou cinq ans, ce qui permet aujourd'hui de traiter des pathologies aortiques beaucoup plus complexes au sein du centre hospitalier.
Des artères « coralliennes » et des techniques spécifiques
La prise en charge des artères obstruées par des dépôts calcifiés a elle aussi évolué. Pour ces lésions parfois qualifiées d'« comme du corail dans l'artère », l'équipe recourt à l'athérectomie : il s'agit de retirer une partie des calcifications avant de poser un ballon actif ou un stent. Cette étape améliore l'ouverture du vaisseau et les résultats à long terme.
- Endoprothèse : protection interne de la zone fragilisée.
- Endoprothèse fenêtrée : ajustée à l'anatomie, pour préserver les artères collatérales.
- Athérectomie : retrait des calcifications avant pose de stent ou ballon.
« La grande majorité des interventions se font maintenant par voie endovasculaire. »
Ces techniques ont des répercussions concrètes sur le parcours patient : des séjours raccourcis et, pour certains cas, des interventions possibles en ambulatoire. Alors que, auparavant, certains malades restaient trois ou quatre jours à l'hôpital, il est aujourd'hui parfois envisageable de traiter ces patients sans hospitalisation prolongée.
Autre avantage notable : l'élargissement des indications. Des personnes autrefois jugées trop fragiles — celles qui ont un bon état général mais un cœur ou des poumons affaiblis — peuvent désormais bénéficier d'une réparation endovasculaire. Le service cite aussi des patients de 50 ou 60 ans avec des antécédents de tabagisme ou une vie sédentaire, qui présentent des artères altérées mais restent candidats à ces techniques moins invasives.
| Technique | Objectif | Conséquence locale |
|---|---|---|
| Endoprothèse classique | Renforcer la zone anévrismale | Éviter l'ouverture abdominale majeure |
| Endoprothèse fenêtrée | Respecter l'anatomie individuelle | Traiter des cas complexes sur place |
| Athérectomie | Retirer calcifications | Améliorer pose de stent et résultats |
Pour les habitants d'Ajaccio et de la Corse‑du‑Sud, cette évolution signifie un renforcement des capacités locales en chirurgie vasculaire. Moins de déplacements vers le continent pour certaines opérations, des durées d'hospitalisation souvent plus courtes et la possibilité d'accéder à des prises en charge plus adaptées constituent des bénéfices tangibles. Reste, pour la population, à suivre la consolidation de ces pratiques et leur pérennisation au sein du centre hospitalier.