Un procès attendu qui ramène la ville au cœur d'un dossier national
Le tribunal correctionnel d'Amiens a ouvert ce lundi 6 juillet 2026 l'audience consacrée à l'affaire Finaxiome, née dans la capitale de la Somme au début des années 2000. Plus de quinze ans après les premières contestations et quatorze ans après la liquidation du groupe, cet épisode judiciaire cherche à faire la lumière sur une série de ventes immobilières destinées à l'investissement locatif qui ont laissé de nombreux acquéreurs sur le carreau.
Créé à Amiens en 2003, le groupe Finaxiome avait développé une activité nationale : selon les éléments versés au dossier, il aurait lancé 83 résidences et réalisé environ 5 000 ventes sur tout le territoire. À la liquidation judiciaire survenue en juillet 2012, il restait 1 392 lots à livrer et le passif déclaré atteignait près de 100 millions d'euros.
Des victimes venues de toute la France
Cette semaine d'audience doit permettre au tribunal d'examiner les poursuites visant quatre anciens responsables du groupe, notamment pour escroquerie et perception anticipée de fonds dans le cadre de ventes en l'état futur d'achèvement (VEFA). Près de 300 personnes se sont constituées parties civiles dans le dossier.
- Nombre de résidences lancées : 83
- Ventes réalisées : environ 5 000
- Lots non livrés à la liquidation : 1 392
- Passif déclaré : près de 100 millions d'euros
- Prévenus : 4
Des profils d'acquéreurs marqués
Les parties civiles rassemblent « des enseignants, gendarmes, ouvriers, cadres » et, d'après une avocate citée dans le dossier, «
pour beaucoup de classe moyenne voire modeste». Ces mots traduisent la dimension sociale du contentieux : des épargnes parfois consacrées à la retraite ou à un projet familial qui se sont trouvées immobilisées pendant des années.
Les prévenus, mis en examen et placés sous contrôle judiciaire depuis 2018, contestent les griefs. Ils encourent, pour certains des faits reprochés, des peines pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison et 375 000 euros d'amende, selon les qualifications retenues.
Une instruction et des recours qui ont pris du temps
Le dossier Finaxiome illustre aussi les lenteurs judiciaires lorsque les dossiers sont complexes et comptent de multiples sociétés, d'innombrables pièces et des victimes dispersées géographiquement. Une enquête préliminaire avait été ouverte en 2011, suivie d'une longue information judiciaire menée à Amiens, avant qu'un procès puisse effectivement se tenir, près de deux décennies après les premières plaintes.
| Année | Événement |
|---|---|
| 2003 | Création du groupe Finaxiome à Amiens |
| 2006-2012 | Période pendant laquelle se situent les principaux faits reprochés |
| 2011 | Ouverture d'une enquête préliminaire |
| juillet 2012 | Liquidation judiciaire du groupe |
| 2018 | Mise en examen et contrôle judiciaire des principaux dirigeants |
| 6 juillet 2026 | Ouverture du procès correctionnel à Amiens |
Conséquences locales et attentes
Pour Amiens, l'affaire renvoie à une page noire de l'entrepreneuriat local devenue, au fil des plaintes, un dossier judiciaire d'ampleur nationale. Les riverains et victimes attendent désormais des réponses concrètes sur les responsabilités et, pour certains, une réparation partielle des préjudices subis. Les décisions rendues par le tribunal cette semaine seront scrutées, non seulement par les parties civiles, mais aussi par les juridictions d'appel éventuelles et les associations de victimes qui ont suivi le dossier pendant des années.
Le dénouement de cette semaine d'audience ne sera peut-être pas l'ultime acte de la saga Finaxiome, mais il constitue une étape majeure pour des centaines de plaignants qui réclament enfin des éclaircissements et, pour certains, la restitution d'économies placées dans un projet immobilier qui n'est jamais, ou mal, arrivé à terme.