Un palace d'Antibes remet des limites à l'ère des influenceurs
L'Hôtel du Cap-Eden-Roc, situé au Cap d'Antibes, a mis en place un tour de vis concernant la pratique de la photographie sur son domaine. Les nouvelles consignes, désormais communiquées aux clients dès l'enregistrement et déposées dans chaque chambre, visent à contenir un phénomène récurrent : des visiteurs transformant le lieu en décor pour leurs contenus digitaux plutôt qu'en lieu de séjour ou de restauration.
Les règles ne prohibent pas la photographie souvenir, mais encadrent strictement les séances photo organisées. Elles doivent faire l'objet d'une autorisation préalable demandée auprès de la conciergerie. Le recours à appareils et photographes professionnels est proscrit, et l'usage du téléphone portable est limité dans certains espaces, en particulier autour de la piscine. Pour ceux qui souhaitent des images de qualité, l'établissement propose le recours à son propre photographe.
« Les habitués considèrent le lieu comme leur résidence d'été et souhaitent qu'il reste privé », explique Sophie Volant, directrice de l'hôtel.
Cette décision fait suite à des comportements décrits par la direction : des visiteurs non résidents réservant une table pour la journée, apportant plusieurs tenues et effectuant de longs changements pendant parfois deux heures, voire ne consommant pas dans l'établissement dans l'unique but de produire du contenu pour les réseaux sociaux. Ces pratiques ont suscité des plaintes de la clientèle fidèle et provoqué une remise en question du « droit » de transformer un palace en studio à ciel ouvert.
Conséquences pour Antibes et pour le tourisme local
À Antibes, où l'hôtellerie de luxe représente une composante importante de l'attractivité, la mesure interroge sur l'équilibre entre ouverture au public et préservation de l'intimité des lieux. Pour les clients réguliers et les habitués, il s'agit d'un retour à un code de conduite « à l'ancienne ». Pour les influenceurs et créateurs de contenu, en revanche, l'accès et les pratiques sont désormais plus contraints.
- Autorisation : séances photo organisées soumises à demande préalable.
- Matériel professionnel : proscrit sur la propriété.
- Usage du téléphone : restreint dans certains espaces, notamment la piscine.
La démarche du Cap-Eden-Roc traduit une tendance plus large observée dans certains établissements de prestige : réaffirmer des règles pour protéger l'expérience client et l'intimité du lieu. Elle pourrait inspirer d'autres acteurs locaux confrontés au même défi, entre préservation d'un patrimoine hôtelier et adaptation aux nouvelles pratiques numériques.
| Élément | Règle |
|---|---|
| Photographie souvenir | Autorisé |
| Séances organisées | Autorisation préalable requise |
| Photographes/appareils pros | Interdits |
À Antibes, l'enjeu reste de concilier l'attractivité touristique et le respect des usages au sein d'espaces privés ouverts au public. L'hôtel, par son positionnement emblématique, marque ainsi un point avec des conséquences à court terme pour les pratiques des visiteurs et à plus long terme pour l'image de la destination.