Un service culturel rural qui s’éteint
Après une présence de trente ans dans les villages et hameaux, l’association Cinéma de Pays a décidé de mettre fin à son activité à la rentrée. Acteurs locaux, élus et spectateurs réguliers voient s’effondrer une offre culturelle itinérante qui permettait des projections dans des communes éloignées.
Aux causes financières s’ajoutent des difficultés organisationnelles. Selon Stéphane Paillet, président de l’association, les fréquentations n’ont jamais retrouvé, après la crise sanitaire, des niveaux permettant l’équilibre : jauges et recettes trop faibles, hausse des coûts énergétiques et diminution des subventions ont pesé lourd.
« C’est compliqué parce qu’on est vraiment en milieu rural, avec des villages éloignés, en montagne, et on avait des jauges, des fréquentations qui étaient bien trop en deçà de ce qu’il fallait faire pour être à l’équilibre financier », explique Stéphane Paillet.
Le départ du nouveau directeur a, d’après le président, précipité la décision. L’association a connu une succession de directeurs et n’a pas réussi à stabiliser une gouvernance suffisante pour engager les réformes qu’imposaient les évolutions du secteur.
- Financement : baisse des subventions et recettes publiques insuffisantes face à l’inflation des coûts.
- Gouvernance : succession de directeurs et absence d’un projet partagé ont empêché les réformes nécessaires.
- Fréquentation : publics des zones rurales encore fragilisés par la période post-Covid.
Le président reconnaît que des efforts avaient été engagés pour dépasser le déficit financier, mais déplore que le problème de gouvernance n’ait pas été résolu : sans volonté collective et projet commun, la structure ne pouvait continuer.
| Élément | Conséquence |
|---|---|
| Baisse des subventions | Risque d’insuffisance pour compenser faible fréquentation |
| Départs à la direction | Instabilité et incapacité à piloter les réformes |
Sur le terrain, la disparition de ce cinéma itinérant pose la question de l’accès à la culture pour des communes loin des grands centres. Les projections en salle municipale ou dans les lieux associatifs offraient, outre le film, des moments de rencontre pour des populations parfois isolées.
L’arrêt de l’activité du Cinéma de Pays ouvre désormais un vide que devront combler d’autres acteurs — collectivités, associations locales ou nouvelles initiatives privées — si l’on veut maintenir une offre cinématographique dans les secteurs ruraux du département.