Une facture de 415 000 € après un feu d'été
Trois mois après l'incendie qui a dévasté une portion du parc des 33‑Hectares, à Neuilly‑sur‑Marne, le maire divers droite Zartoshte Bakhtiari a confirmé avoir demandé aux familles des enfants mis en cause le règlement d'une somme de 415 000 €. L'incendie, survenu fin juillet, a détruit plusieurs hectares de végétation et entraîné la perte d'environ 150 arbres, selon les éléments rendus publics.
L'élu justifie cette démarche au regard du Code civil, invoquant la responsabilité des parents du fait de leurs enfants. Il affirme par ailleurs s'appuyer sur une expertise menée par un cabinet professionnel pour chiffrer les dégâts et avoir transmis le détail de cette évaluation aux familles concernées.
« Depuis 1804, notre Code civil prévoit la responsabilité des parents du fait des enfants, je demande simplement l’application du droit français »,
Cette prise de position prolonge des déclarations déjà tenues par l'élu au lendemain du sinistre, où il s'était exprimé avec émotion et colère sur la présence d'engins pyrotechniques entre les mains d'enfants de dix ans.
Des avocats qui dénoncent la méthode
Les conseils des familles contestent la démarche et le montant. Me Hugo Guagenti, avocat d'une des familles, affirme que ni ses clients ni leur défense n'ont reçu la facture détaillée mentionnée par le maire. Il souligne aussi l'instabilité du montant avancé : la somme évoquée serait initialement montée jusqu'à un million d'euros avant de redescendre à 415 000 €.
- Trois enfants mis en cause, âgés de 10 et 11 ans.
- Environ 150 arbres partis en fumée.
- Des installations du parc, dont une passerelle et une zone canine, toujours inaccessibles.
Les avocats dénoncent également la communication de l'élu, estimant qu'elle précède et peut biaiser une procédure civile ou pénale en cours. De leur côté, les autorités locales maintiennent leur volonté d'obtenir réparation financière pour les travaux de remise en état et la restauration écologique du site.
| Élément | Chiffres communiqués |
|---|---|
| Montant réclamé | 415 000 € |
| Arbres détruits | 150 |
| Âge des enfants | 10‑11 ans |
Au‑delà du litige financier, l'affaire pose des questions pratiques et symboliques : comment réparer un milieu naturel fragilisé par un feu, qui paie pour la restauration, et comment traiter la responsabilité d'enfants mineurs dans des faits qui ont des répercussions collectives ?
Pour les riverains et les usagers du parc, la facture ne se résume pas à un montant. Une passerelle et une partie de l'espace canin restent impropres à l'usage, affectant la vie quotidienne d'un espace de verdure où la fréquentation estivale est importante. Les modalités de remise en état, le calendrier des travaux et la couverture financière effective dépendront des suites juridiques et des décisions prises par la municipalité et les familles.
La contestation des avocats laisse présager une procédure longue : la transmission de la facture détaillée, la vérification de l'expertise, puis, le cas échéant, la saisine des tribunaux pour trancher la question de la réparation pécuniaire. En attendant, le parc garde les traces d'un été qui a laissé des plaies visibles sur le paysage.