Retour sous l’eau au port antique d’Arles
Ce matin-là, rive droite à Trinquetaille, la routine prend la forme d’un briefing à 8h30. Au total, une quinzaine de personnes — archéologues plongeurs, photographes sous-marins et agents sécurité — remettent combinaisons et bouteilles pour une campagne de fouilles qui doit durer cinq semaines. L’équipe, coordonnée par le Musée départemental Arles antique (MDAA), reprend le travail là où il s’était arrêté l’an dernier : sur l’épave surnommée AR7 et sur la prospection du Rhône.
Les fouilles 2025 avaient déjà été fructueuses : les plongeurs avaient remonté 847 pièces de monnaie enfouies depuis l’Antiquité. Les archéologues ne cachent pas l’espoir d’une nouvelle découverte majeure. Le codirecteur de la mission, David Djaoui, l’exprimait sans emphase :
« On n'est pas à l'abri d'une nouvelle découverte exceptionnelle »
Cette année, l’objectif principal est d’achever la fouille de la partie arrière — la poupe — d’un bâtiment identifié comme une allège à fond plat. L’an dernier, des mètres de sédiments avaient limité l’accès et empêché de tenir les objectifs. Les conditions de plongée en Rhône restent exigeantes : visibilité variable, courant et accumulation de dépôts qui scellent les structures et le mobilier.
La journée de travail se déroule selon un rythme précis : vérification des plongées, embarquement, opérations subaquatiques et relevés photographiques. À 9h15, après le contrôle de la pression des bouteilles et l’embarquement des outils, la première équipe prend place près de l’épave pour des interventions méthodiques destinées à dégager les sections fouillées et à documenter in situ les objets mis au jour.
- Qui : équipe d’une quinzaine de personnes (MDAA et partenaires)
- Quoi : poursuite de la fouille de l’épave AR7 et prospection du Rhône
- Durée : campagne de cinq semaines
- Découvertes antérieures : 847 monnaies exhumées en 2025
Patrimoine immergé et enjeux locaux
Ces opérations n’ont pas seulement valeur scientifique : elles nourrissent la connaissance du port antique d’Arles et alimentent les collections et les expositions du MDAA. Pour la population, elles ravivent le lien avec un passé commercial et fluvial intense, et peuvent peser sur l’attractivité touristique de la ville. Chaque objet sorti de sédiment apporte un fragment d’histoire, mais impose aussi des choix de conservation, restauration et exposition.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Durée de la campagne | 5 semaines |
| Equipe | ~15 personnes |
| Découvertes 2025 | 847 monnaies |
Sur le terrain, le travail est lent et précis. Les plongeurs creusent, photographient, cartographient, puis font remonter les objets pour qu’ils soient traités à la conservation. La contrainte des sédiments fait que chaque mètre soulevé peut révéler des éléments conservés depuis des siècles, mais impose aussi des protocoles stricts pour éviter tout dommage.
À l’échelle municipale et régionale, ces campagnes renforcent la place d’Arles comme centre majeur d’études sur l’Antiquité rhodanienne. Elles posent aussi la question des moyens : expertise, logistique et financement. Pour l’instant, l’équipe poursuit sa mise au jour, persuadée que le fleuve garde encore des pages d’histoire à faire parler.
Les résultats de cette session seront restitués au public et aux institutions compétentes selon les règles scientifiques en vigueur, et viendront alimenter la connaissance du passé arlésien, pierre par pierre — ou plutôt, pièce par pièce.