Des vitrines fermées, des stocks à sécher et des rendez‑vous à caler
Sur la rue Lamartine, l’image reste parlante : une affiche sur une vitrine indique « Fermés pour cause d’inondations », des cartons s’alignent sur les pavés et plusieurs commerces n’ont pas repris d’activité. Les réouvertures se font « au compte‑goutte », témoigne le constat dressé depuis le centre‑ville.
Pour certains, la chance a joué. Chez Génération junior, l’eau a monté d’environ une quinzaine de centimètres mais la boutique, située sous un logement, a pu être vidée rapidement : le stock a été hissé en hauteur, limitant les pertes. Pour d’autres, la situation est plus grave. Une jeune commerçante, qui venait d’ouvrir son magasin, a vu son local « foutu » après la montée des eaux.
Experts, assurances, collectivités : la course aux procédures
Les commerçants attendent désormais le passage des experts d’assurance pour établir les sinistres et déclencher les indemnisations. La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) a installé une permanence à l’hôtel de ville pour accompagner les professionnels :
« On va recueillir leurs doléances et faire un état des lieux pour leur apporter des solutions, soit de financement, soit aller pousser auprès des collectivités pour obtenir des aides. L’idée, c’est de leur montrer qu’ils ne sont pas seuls. »
Autre signe de la mobilisation : près de 800 demandes de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ont déjà été formulées — un chiffre qualifié de record par les autorités locales. Pour faciliter les démarches, les maires ont obtenu une procédure accélérée auprès du Préfet et une commission interministérielle doit se réunir le 27 octobre.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Demandes de reconnaissance | ~800 |
| Date de la commission interministérielle | 27 octobre |
Des solutions temporaires mais des inquiétudes persistantes
Sur le terrain, les priorités sont claires : inspection des locaux, devis, mise en sécurité des rayons et des réserves, puis relance de l’activité. Les retards dans l’intervention des experts ou des assurances pèsent lourdement, notamment pour les petites structures sans trésorerie. Les commerçants attendent des réponses rapides pour éviter des fermetures définitives.
À l’échelle municipale et départementale, l’enjeu est d’accélérer la délivrance de l’arrêté de catastrophe naturelle, afin de débloquer les indemnisations et faciliter l’accès aux aides. Des élus locaux ont également demandé la création d’un bureau centralisé d’experts au bénéfice des professionnels pour fluidifier le traitement des dossiers.
Ce que cherchent désormais les commerçants
- Un passage rapide des experts d’assurance pour établir les sinistres ;
- Des aides de trésorerie ou des dispositifs de financement temporaires ;
- Une coordination entre collectivités et assureurs pour accélérer les indemnisations.
En attendant ces réponses, la vie commerciale de Martigues reste fragilisée. Les permanences de la CCI et les démarches administratives à venir seront des éléments déterminants pour savoir si les commerces sinistrés retrouveront rapidement une activité normale ou s’ils resteront marqués durablement par cet épisode.