Un appel depuis le bloc neurochirurgical d'Arras
Le centre hospitalier d'Arras accueille au quotidien des patients victimes d'accidents de la route et de la voie urbaine. À la tête du service de neurologie, Patrick Le Coz a salué la décision du préfet du Pas‑de‑Calais d'imposer le port du casque pour les usagers de trottinettes électriques à compter du 1er septembre, mais il plaide pour une application immédiate : « le danger est réel », résume‑t‑il.
Son message s'appuie sur l'expérience clinique : chocs crâniens, traumatismes cérébraux et séquelles parfois durables arrivent régulièrement en service neurologique après des chutes sans protection. Le médecin met en garde contre des conséquences qui peuvent porter atteinte aux fonctions motrices, cognitives ou au langage, et qui ne sont pas toujours réversibles.
Qui est concerné par la mesure ?
- Trottinettes électriques
- Hoverboards
- Monoroues
- Gyropodes
La décision préfectorale vise l'ensemble de ces engins motorisés individuels, très répandus dans les déplacements urbains. À Arras, comme dans d'autres villes, leur usage est quotidien chez les jeunes et les actifs, souvent sans casque.
« le danger est réel »
Conséquences pour les services locaux et la prévention
Du point de vue hospitalier, une augmentation des accidents graves alourdit les services, tant en soins aigus qu'en rééducation. Le chef de neurologie estime qu'une obligation anticipée pourrait réduire la fréquence des traumatismes graves et limiter des séquelles permanentes, diminuant ainsi la charge pour les familles et pour l'hôpital.
| Mesure | Date |
|---|---|
| Entrée en vigueur du port du casque dans le Pas‑de‑Calais | 1er septembre |
Sur le terrain, la réussite de la mesure dépendra de la clarté de la communication et du contrôle. Les professionnels de santé peuvent jouer un rôle pédagogique : rappeler les risques, expliquer comment choisir un casque adapté et encourager son port systématique, même pour de courts trajets.
Vers une culture du casque à Arras ?
À Arras, comme ailleurs, changer les habitudes prendra du temps. L'appel du neurologue est simple et appuyé par des observations médicales : limiter le nombre d'accidents graves passe par la prévention et des gestes élémentaires de protection. Pour les autorités locales, la mesure préfectorale offre une fenêtre pour intensifier les campagnes d'information et les contrôles, et pour les usagers, une raison supplémentaire de repenser leurs déplacements urbains.
Si la date officielle de l'obligation est fixée, le débat public lancé par la communauté médicale d'Arras pourrait pousser vers une application plus rapide, afin d'éviter que d'autres patients ne viennent rejoindre la file des victimes de chocs crâniens évitables.